Retour sur des rencontres

Souvenir 1 · La baie des Livres (décembre 2016)

Juin… la fin d’une année scolaire passée sur les routes, de l’océan face à la pointe bretonne aux terres du Nord en passant par… la Colombie.

Des souvenirs de ces moments, avec pour commencer les CP et les CE1 de Saint-Pol de Léon, leurs éléphants bleus, un saucisson 100% vegan pour l’ogre Barnabé et des chapeaux en veux-tu en voilà…

Bravo à eux et à leur enseignante ! De très beaux moments partagés avec une super équipe pendant ce salon de la baie des Livres à Morlaix !

Rencontre avec Cécile Roumiguière from Eugene on Vimeo.

Les Indestructibles de Douchy-les-Mines

Manque de temps pour tenir ce journal en ce moment… mais comment ne pas parler de cette rencontre avec les Indestructibles à Douchy-les-Mines ? Un salon, des classes, une révolte des doudous (une photo bientôt !), une lecture en duo avec Carole Chaix, une table ronde, des enfants, des équipes formidables, un libraire éternuant sur son Bateau Livres, des copains et… un juke-box ! Super salon.

Quelques photos pour un aperçu sur la rencontre avec les Indestructibles et les Cousteau, élèves du collège Émile Littré

Cliquez sur les images pour les voir et lire les légendes.

(©photos : Lydie de la Médiathèque, merci !)

Autour de Rouge Bala avec les Cousteau.Les sacs de Manon, dans Ogre, cacatoès et chocolat.Un film réalisé par les adolescents de la classe Ulis, renommée les Indestructibles !Des larmes… le film était un moment fort !Des rires aussi…Des livres, des histoires partagés.Un Ogre pour les Indestructibles.Les Cousteau, les Indestructibles et leurs enseignantes et AVS : bravo !

Sur les routes

Carpentras et le Sud
002-feuillage-reflets-recadre-jp
©Jacques Prat-Delavière 2016

Un temps 3 de résidence intense, avec une intervention dans une maison de retraite, la rencontre de Maurice et ses copines, la journée carnets menée par Jean-Michel Payet, des Nomades attentives, appliquées, deux soirées autour des carnets, des livres, et du jeu littéraire en préparation… de quoi cogiter avant de se retrouver en juillet pour le temps 4 de cette résidence en duo haute en couleurs.

Denain dans le Nord
999-denain4
©Médiathèque de Denain 2016

Le grand-écart du Sud au Nord pour trois jours passés à Denain. Des rencontres dans les collèges autour de Dans les yeux d’Angel, avec de très beaux moments, ici encore, et le bonheur de porter le livre jusqu’à ces enfants si curieux des histoires et du monde avec l’équipe de la médiathèque, les enseignants, les documentalistes qui font un travail remarquable.

Saint-Junien… au milieu

Pour clore le calendrier des rencontres de cette année scolaire 2015/2016, retour à Saint-Junien, près de Limoges. Les sourires et l’élégance sans faille des dames de l’équipe, l’énergie de Gérard Halimi et des organisateurs, de la libraire et de Cyril, les rencontres préparées comme autant de moments précieux… que dire ? Merci… Sans parler des soirées terrasse, des lectures improvisées, des copains, des fous rires. Oui, de bons souvenirs. À une prochaine fois !

Photos de la résidence

Merci aux photographes : Éliane, et Jacques Prat-Delavière

Atelier carnets, en avant !D'abord, apprendre à regarder.À regarder attentivement.Sérieusement.Les mains sur le carnet.Parapluie de soleil, incongruité.Des Nomades attentives.Dessiner les pierres…À vos carnets !Hélène ouvre la soirée.Présentation des carnets, ici, celui d'Ærkaos.Catherine et son carnet.Des mots pour raconter son carnet.Montrer le carnet…Le dévoiler…S'y réfugier.Y penser.Jean-Michel parle carnets…Soirée 2, concertation.Jean-Michel Payet parle aussi avec les mains.… pendant que Carole Chaix dessine.Cécile Roumiguière aussi sait parler avec les mains.À l'écoute des Nomades.Carole présente ses nouveaux livres.Jean-Michel et Cécile cherche les images…… pour les montrer.Carole dessine la gardienne, personnage au cœur du projet de résidence.Jean-Michel Payet a dessiné Carole qui dessine…Victorine, la gardienne.Ébauche de présentation de Victorine.Esquisse de plateau de jeu.

L’école de la République

Marilou à l'école.
Marilou à l’école, in “Le fil de soie”  ©Delphine Jacquot/éd. Thierry Magnier

Décidément, Le fil de soie est nommé dans de très beaux prix. Aujourd’hui, matinée Tatoulu dans une école du XVIIIe, à Paris. Je suis en avance, je regarde les enfants arriver devant le 61 de la rue Clignancourt. Est-ce l’effet retour de vacances ? Ce début de printemps qui hésite entre soleil et rideaux de pluie ? Les enfants sont calmes, sereins. Avec leurs origines cumulées, à eux tous, ces enfants de France doivent couvrir une bonne partie de la planète. La porte s’ouvre, la gardienne les accueille d’un bonjour souriant. Une enfant de sept ou huit ans attend sa copine pour entrer, elles sont contentes de se retrouver. Un jeune garçon noir arrive avec une petite fille blanche et blonde, ils sont en grande conversation, ils rient. Puis disparaissent dans l’école. Je les suis.
Arthur Cattiaux, un enseignant de CM2, m’accueille tout en saluant les enfants. Ilona, Mohamed, Jeanine, Lou, Lucas, Dylan, Arthur, Fleur, Ruby… il les connaît tous, a un mot gentil pour chacun, soulève le chapeau d’une fille en lui disant qu’il est charmant, mais qu’elle doit l’enlever pour aller dans la cour. Le respect, l’attention, la bienveillance. Des mots qui semblent tellement usés… et pourtant.

Dans sa classe de CM2 et celle de Raphaële Asselin, les rencontres avec les élèves sont de merveilleux moments d’écoute mutuelle, de curiosité, de finesse de réflexion sur le livre, l’histoire. Quand la récréation ou la fin de matinée sonnent, ils continuent de poser des questions, d’échanger, ne semblent pas pressés de partir. Marilou et sa Mamilona ont trouvé ici un bien beau théâtre pour livrer leur histoire…

Que dire ? Merci. Oui, merci, vraiment. Ce matin, rue Clignancourt, à Paris, j’ai vécu un vrai moment de mixité, d’école républicaine. C’est donc possible ! En ces temps si sombres, des instants comme ceux-là sont une source d’énergie essentielle. À la fin de la première rencontre, une enfant m’a demandé si les événements de Charlie Hebdo avaient changé quelque chose dans ce que j’écrivais. Dans son regard, dans l’attente de toute la classe face à ma réponse, j’ai ressenti l’immense confiance que ces enfants nous font, j’ai mesuré l’importance qu’on peut avoir, nous, troubadours, inventeurs d’histoires, chez ces enfants qui grandissent avec Charlie. Un sacré défi.

Mais on n’est pas seuls… Les parents, bien sûr, sont là. Et les enseignants. Alors, oui, merci aux enseignants, merci à l’équipe de cette école, merci à tous ceux qui font mentir les corbeaux et montrent jour après jour que vivre ensemble, non seulement c’est possible, mais que c’est enthousiasmant.

Genève et le prix Korczak

Le fil de soiegeneve_pluiedeau participe au prix Korczak, un prix créé par Eglal Errera, Béatrice Rosenberg et Annie Falzini en hommage au travail et à l’éthique de Janusz Korczak.
Écrivain, pédiatre, pédagogue, Janusz Korczak a suivi les enfants juifs de l’orphelinat qu’il dirigeait jusqu’au camp de Treblinka où il moura gazé en 1942. Respect et protection des enfants, telle aurait pu être sa devise. C’est en écho à son œuvre que ce prix Korczak choisit chaque année un thème lié aux droits et au respect des enfants. Je suis très fière que Le fil de soie nous permette de rencontrer des enfants et de débattre autour de ces thèmes.

Le fil de soie, dessins d'enfants de Genève
Dessins à l’école Eden

Cette année, grâce à la librairie Librerit et à l’association suisse des Amis du Dr. Janusz Korczak, le prix se déroule aussi en Suisse. Je reviens de quatre jours de rencontres ensoleillées avec des classes de Genève et alentours. Des classes d’une vingtaine d’élèves chaque fois, tous très attentifs, très curieux de l’histoire de Mamilona, de celle des Tsiganes pendant la 2e guerre mondiale et de la façon dont un livre nait. Dans la classe de Stéphane (école du Vélodrome), Luca a trouvé les mots justes pour expliquer ce que j’essaie de faire :
« En fait, vous cherchez à nous faire douter. » Douter, se questionner… les premiers pas vers une compréhension plus aiguë, un regard plus large sur le monde.

Merci aux enfants, à leurs enseignants, pour ces moments. Et un grand merci à Miriam, ma guide, pour son accueil si bienveillant (une vraie maman !).

• Pour info, toujours dans le cadre du prix Korczak, je serai le 4 juin à Évreux avec Delphine Jacquot pour une lecture dessinée du Fil de soie.