Une journée comme les autres

Une journée comme les autres.

À Paris, il fait gris. Sur ma table, un manuscrit en cours, feuilles en éventail, feutre débouché. À Francfort, les livres parlent en français dans des allées où l’on parle gros sous, traductions, misère des auteurs et splendeur des images énumérées de A à Z.

Dans ma cour, le chat est parti. Il reviendra. Dans mes yeux, les larmes d’un rhume qui s’installe, c’est l’automne. Dans ma rue, le kiosque à journaux, il en existe encore. Et en vitrine, le sourire d’un homme à la une.

Beau sourire, si ce n’était celui d’un meurtrier. C’est un artiste me dit-on ; oui, mais c’est un meurtrier. Il a payé ajoute-t-on. Payé ? Comme si la vie et la mort pouvaient entrer dans un système de transactions. Rappelez-moi, combien de coups ? Dites-moi, aujourd’hui, combien de femmes mourront sous ces mêmes coups de leur compagnon ? Une tous les trois jours, répondent les chiffres.

Aujourd’hui est une journée comme les autres. Un fond de nausée en plus.