Je me souviens… les blogs

• 2004, je publie mon premier livre, un roman illustré, L’école du désert. On en parle d’Incos en prix organisés par des médiathèques, des villes, des établissements scolaires, des associations… Et dans une chronique de Pascale Pineau sur Ricochet, en ce temps où le net n’était pas une route aussi empruntée qu’aujourd’hui.

Installation cadres et autres objets
• 2005, mon premier album, À l’ombre du tilleul.
Des nominations aussi, et le prix Octogone, aujourd’hui disparu, qui me donne un élan essentiel à l’écriture. Des chroniques sur le site Sitarmag et sur Ricochet. Les libraires Sorcières avaient déjà leur magazine Citrouille et leurs chroniques fouillées — je me souviens de celles de Madeline Roth notamment, Madeline qui a continué à porter ses mots dans ses propres livres… La Charte chroniquait des livres dans une revue papier, d’autres bien sûr parlaient de livres, le CRDP, la BNF, des bibliothèques, des réseaux consacrés aux livres, comme Lecture jeunesse 83.

• Pour l’album suivant, Entre deux rives, Noël 43, je me souviens avoir insisté : il fallait envoyer des livres aux chroniqueurs sur internet, aux blogueurs, par là, ça frémissait, ça pulsait, ça bougeait. Les envois sont partis, un peu à reculons, ce n’était pas (encore) dans les usages.

• Et sont venus les années 2006, 2007, L’enfant silence et Pablo de La Courneuve, avec l’explosion des blogs de littérature, et de littérature jeunesse. Lily et ses Livres, Clarabel, Gaëlle la libraire, De papier de soie…,  vous toutes et tous qui lisez, chroniquez, vous enthousiasmez, qui avez l’élégance de ne pas enfoncer les livres qui vous ont déçus, qui portez nos livres quand la presse traditionnelle en parle si peu.

• En 2009, publication de la première saison des blue Cerises.
La blogosphère a pris son envol, pas un livre qui ne tente d’y trouver un écho. Les blue Cerises sont adoptées par les blogueuses (oui, souvent des femmes, alors mettons ici le féminin comme l’emportant sur le masculin…). Bladelor, Stéphie, Camille à Péronne, Au milieu des livresles Îles Indigo, des libraires qui s’emparent de l’outil internet aussi pour chroniquer des livres, la Soupe de l’Espace, Rêv’en pages… vous toutes…
Ce sont les blogs qui font connaître les blue Cerises, qui s’amusent de cette écriture à quatre auteurs pour quatre personnages dans des nouvelles croisées, les blogs encore qui parlent de Zik ou de Violette, d’Amos ou de Satya comme s’ils étaient des amis, qui prennent parti pour l’un ou pour l’autre, qui brassent cette écriture chorale et la porte jusqu’aux lecteurs. Comment vous dire merci ? En continuant à écrire ? En continuant à vous lire aussi.

• Depuis, l’aventure continue. Aujourd’hui est un jour un peu spécial, un blog ferme. Parce que la vie des blogs c’est ça aussi : ça va, ça vient, c’est spontané, ça suit les désirs… Certains se professionnalisent, comme La Mare aux mots et les Histoires sans fin, et c’est tant mieux. D’autres gardent une écriture semée le long des trouvailles, des fantaisies, des émotions qu’on a envie de partager. Et c’est tant mieux aussi.

Anne Loyer, EnfantipagesAujourd’hui, Enfantipages ferme sa porte, Anne Loyer a d’autres envies, d’autres mots à écrire, dans ses propres livres. Enfantipages a porté tant de mes livres… Anne, je voulais juste te dire un grand merci. On se croisera sur des salons, des événements, on parlera… livres. Qui sait, peut-être qu’un jour on chroniquera à deux voix, à deux stylos pour une occasion ou une autre ?
À bientôt, Anne, sur le web, dans tes romans, tes livres ou dans la vraie vie…

Retour sur l’été… Sarrant

sarrantlematinIl était une fois un petit village de maisons de pierre blotti entre des murailles ouvertes sur une immensité de champs aux couleurs saturées de soleil… il était une fois dans ce petit village gersois, un couple de libraires hors normes (mais les libraires et la norme vont rarement bien ensemble…), Cathy et Didier Bardy qui inventèrent “Des livres et vous”, une librairie… tartinerie, à Sarrant, rien n’est comme ailleurs. Quand ce village de maisons de pierre, quand ce couple de libraires et l’association “Lires”, quand Marie Paquet et sa médiathèque départementale… ont rencontré François Place, la détonation a résonné jusque loin, bien plus loin que les horizons habituels…
les Estivales de l’illustration étaient nées. On était en 2014 et l’histoire ne faisait que commencer.

Cet été 2015, du 16 au 19 juillet, les invitées d’honneur étaient Delphine Perret et Carole Chaix. J’ai eu l’immense privilège d’y être la première écrivaine invitée parmi huit illustrateurs formidables. J’y ai mené trois jours de master class autour de “l’écriture en chantier” sous les arbres de la cour de l’école. On a tous respiré cet air de liberté, ce vent de création, dans les rues, les maisons, du matin au soir, les ateliers, les inventions, les discussions, les conversations, tout était prétexte à vivre plus fort.

Au générique :
autour de Carole Chaix et Delphine Perret, Benjamin Chaud, Gilles Bachelet, Cyrille Pomiès, Natali Fortier, Régis Lejonc et Cécile Roumiguière, les sérigrapheuses Mamouchkas (Julie et Laura) et Iris Miranda à la gravure, les libraires et leur équipe de choc, les bibliothécaires, une équipe de bénévoles hors pair, des hôtes chaleureux, les participants aux master class, les adolescents du camp de vacances, les habitants du village, les paysans, maraîchers, et l’équipe de la cantine pour des apéros et des repas inoubliables, les petits déjeuners, les soirées… et un concert sous l’orage !

Longue longue vie à ces Estivales dans ce village qui a déjà toutes les couleurs de “village de l’illustration”…

Je me permets d’emprunter quelques photos sur le site de La Tartinerie (la plupart des photos sont signées Jérémy Jeey).
Allez faire un tour sur leur site pour avoir plus d’images et de renseignements sur cette magnifique entreprise.

Sarrant, un village le crayon sur le cœur.Carole Chaix et Didier Bardy.Ouverture des Estivales 2015.Master class du matin.Master class, concentration concentration…Des mains en écriture.On s'active, on s'agite, mise en place de l'exposition des master class.Une master class aux champs avec Carole Chaix.L'heure de la cantine (et quelle cantine !).Sieste et lecture murmurée.Illustrations sur les fenêtres du village, ici, Carole Chaix.Une fresque, tout le monde aux crayons.Barbora, de la librairie, le sourire des bénévoles !Cathy et Gilles, soirée inventée.Dessiner les yeux bandés, défi relevé par Delphine Perret.Ou dessiner en guidant la main de l'autre… ici avec Cyrille et Julie.Un concert sous l'orage, violent, magnifique.

Retour sur l’été… Lorient

29 juin, une journée à Lorient pendant les 17e rencontres nationales de “la Fédération des Salons” pour parler censure en compagnie d’Annie Rolland, auteur de Qui a peur de la littérature ado ? et de Carole Chaix dans une fresque libre à colorier sans peur de déborder.

La fresque contre la censure de Carole Chaix.Carole Chaix, une fresque pour dire la censure.Au détour des chemins… Tiens, un ours !Et ici, un éléphant !Oui, c'est bien un éléphant !,Pas u chat qui se prendrait pour…Non, un éléphant à Lorient…Tout simplement.