Au fil des blogs

Les blogueurs sont la parole essentielle qui fait vivre le livre dans l’ère numérique.
Merci à eux  !

Les mots de Noukette
Mille et une frasques
Babelio
Au milieu des livres
La soupe de l’espace
D’une berge à l’autre
Lecture jeunesse 83
La fabrique à rêves
The french book lover
Bric à book
L’atelier des merveilles
Manika 27
Sélection de la Librairie Jonas
Enfantipages
Blog 3 étoiles
Pages d’encre
Opalivres

Ami, entends-tu ?

Les paroles de la haine ont envahi les rues. Elles sont là, partout. Rire est devenu compliqué. Quoi de plus sinistre que ce chacun son camp ? Qu’on se sente indien ou cowboy, on est surtout dindon d’une farce qui ne dit pas — encore — son nom. Sans un salutaire sursaut, le réveil sera douloureux. Et la vie amère.

Les paroles de la haine ont envahi les rues. Au-dessus de nos routes, des portiques maquillés couleur écologie veillent et surveillent nos allers, nos venues. On ne sait jamais, qu’on ait envie, tout à coup, de prendre la clef des champs, la poudre d’escampette.

Les paroles de la haine… et à l’intérieur même de nos maisons, l’internet, fenêtre ouverte sur le monde, formidable outil aux deux visages. Et clic un j’aime et clac un achat et pof un commentaire ici ou là. Mes clics, mes cartes bancaires, appels téléphoniques et autres mails dessinent de moi un portrait. Je ne suis plus moi, je suis désormais ce portrait offert à qui voudra. À qui paiera. Liberticide librement consenti.

Vue du soir par la fenêtre du TGV.
Un œil dans le soir

Tout est déjà là, bien en place. Attisées par des médias irresponsables, les paroles de la haine masquent la mise en place d’une sinistre société un peu vite remisée aux accessoires du passé. Big brother is watching you.

Non, on ne pourra pas dire “je ne savais pas”.

Sursaut. Se réveiller du cauchemar. Sortir du silence. Plus nombreux, crier plus fort que les paroles de la haine, les faire taire, qu’elles ne servent pas d’alibi à la pose d’une chape de plomb sur nos libertés. Un sursaut vital pour que le vert de gris ne mange pas le monde.

 

En Nomadie…

La boutique éphémère à CarpentrasCes petites curiosités qui nous entourent…

Un très beau projet à suivre sur le blog de Thomas Scotto ou sur celui des Grains de lire.

Thomas Scotto et Cécile Gambini en résidence en duo de janvier à mai, ça promet déjà de grands moments de création débridée. Ateliers, lectures dessinées, traversée du Luberon (pas encore à dos d’ânes, mais sait-on jamais… avec dame Hélène et dame Catherine des Grains de lire, il faut s’attendre à tout !). Voilà déjà tout un monde de poésie. Mais avec l’assocation des Grains de lire, déjà porteuse des folies Nomades, les choses ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Carole Chaix et Franck Prévot les rejoignent mi-janvier puis en mars pour une explosion poétique dans la Boutique éphémère, une vraie boutique qui ouvre ses portes à Carpentras pour déchirer un petit bout de ce gris qui prend le monde.

Je les rejoindrai avec un grand bonheur en mai pour le troisième volet des “Ces petites curiosités qui nous entourent”. Vive les curiosités, et vive printemps !

Un dimanche dans le métro

Au bout de tes mains gercées, un sac de pain trop gros pour toi. Quelques pomme abîmées sous des films plastiques éventrés. Ta jupe balaie les quais du métro.

Une femme gitaneAu bout de tes mains gercées, un sac de pain trop gros pour toi. Quelques pomme abîmées sous des films plastiques éventrés. Ta jupe balaie les quais du métro. Ta fatigue se voit. Elle se lit dans ce geste de la main, là, qui efface de ton front quelques pensées inutiles. Tendue en avant, un seul but. Malgré ton corps lourd, voûté. Nourrir les tiens, ta famille, ceux du camp. Ceux qui vivent à la zone des cités, rejetés. Ceux qui n’ont jamais mis de barrière autour d’aucune terre. Parce qu’ils n’y ont rien planté. Ils savent trop que le temps est compté. Qu’il faut le chanter, le rythmer, boire et vivre de son air — avant de mourir, — s’effacer. Pas le temps d’attendre que le blé pousse, ils cueillent les graines sauvages, se noircissent le visage de mûres et de baies, ils se lavent dans l’eau vive des ruisseaux. Et rient, dans le soleil. Loin du métro.