Un projet un peu fou

Séance de travail à deux

Escalier d'un hôtel particulier, rue du Temple, Paris.

Avec Carole Chaix, nos séances de travail  commencent souvent par une expo ou un film. Cette fois, on avait rendez-vous  pour aller voir l’expo d’Annette Messager, “Mes transports” à la galerie Marian Goodman. Un hôtel particulier d’une beauté classique presque irréelle, la porte vitrée de la galerie, et l’univers troublant d’Annette Messager.

Un temps hors du temps, toutes les deux, seules, dans ces salles blanches taillées à vif par les sculptures de l’artiste, des lumières mouvantes projetant les ombres des œuvres aux murs, au plafond, au sol, mêlées à nos propres ombres. Un sacré vertige…
Allez-y vite, c’est jusqu’au 21 décembre.

Un chat (noir).Reprenons cette séance de travail. On sort nos carnets, nos stylos. Carole se moque de mes stylos trop secs, je joue avec le bouchon du sien, elle déteste ça. Les mots se chevauchent, toujours. On fait le point, l’expo de Une princesse au Palais à finaliser pour la première en mars à Reims, nos calendriers à mettre à l’unisson… Et ce projet de livre autre. Une autre façon de raconter, d’écrire, d’illustrer…

Le texte le plus minimaliste que j’ai écrit, pas facile. Un carnet déjà rempli d’idées qui se répondent, se heurtent. Sortir du livre, penser l’histoire autrement, serrer les mots pour que ne reste que le fil du sens, tout le reste passera par l’image dans tous ses états. Au final, un texte dans une deuxième version moins conceptuelle, plus lisible.
Il y aura encore d’autres séances de travail, les doigts gelés autour d’une tasse de café, à Beaubourg ou ailleurs. L’essentiel est maintenant dans les mains de Carole, et là, je sais que de séance en séance je vais être étonnée, secouée, émue, toujours. La création d’un livre comploté en commun est vraiment un moment fort, intense. Une des raisons pour lesquelles on fait ce métier, sans aucun doute.

Je ne vous l’ai pas dit ? Le héros de ce livre est un chat. Un chat dans la nuit.

 

Après Montreuil…

Le site du salon de MontreuilQue reste-t-il de ces jours d’immersion à Montreuil ? Des regards échangés, des sourires, des gens qu’on aurait aimé voir, ceux avec qui on a ri – beaucoup, des projets partagés, un atelier en duo avec Aurélia Fronty,  les lecteurs, les blogueuses, les organisateurs de salons et de nomadie qui nous ont émus, des moments de grande lassitude, des éditeurs enthousiastes, des stands très réussis, d’autres couleur bonbon, la grande bataille des éléphants de Gilles Bachelet et de Benjamin Chaud, tous ces livres qu’on n’aura jamais le temps de lire, ces albums qu’on a oublié d’aller feuilleter, une expo qu’on aurait préférée grouillante d’originaux (ah les belles installations dont celle de Natali Fortier il y a quelques années…),  des conférences qu’on a ratées, forcément, dans ce mælstrom, un sacré rhume… et ces images de l’atelier de Judith et de Marie, un bavardage dessiné, des murs comme une forêt d’originaux croisés, ceux de Judith Gueyfier, ceux de Carole Chaix, à côté, les ateliers ouverts de Christine Destours, d’Élodie Nouhen, de Nathalie Dieterlé, Delphine Grenier, Ingrid Monchy et Natacha de Bradké.
Entre le salon et ces ateliers, la rue de Paris, une bouffée d’air frais entre deux façons d’être au livre, de l’atelier à la librairie, de la germination à la récolte.

©Photos : salon de Montreuil 2013, Éric Garault et Muriel Enrico.