Le salon de l’Océan Indien

Carnet de Carole Chaix, affiche
L’affiche du salon dans les carnets de Carole Chaix.

Après les jours passés à Mafate, descente sur le bord de mer sur la côte Ouest. L’hôtel est à Saint-Gilles, le salon au Port, plus au nord. Les auteurs et illustrateurs invités au salon nous rejoignent. Ils arrivent d’Afrique du Sud (Maja Sereda), de Maurice (Brigitte Masson et Laval NG) et de métropole : Pénélope Bagieu, Axl Cendres, Cécile Gambini, Florence Hinckel, Christophe Léon, Insa Sané et une éditrice, Mélanie Decourt, pour les éditions Talents Hauts. Sans oublier les Réunionnais (la liste complète des invités ici).

Le salon de l’Océan Indien, ce sont des moments vacances, la plage, le lagon, coraux et poissons, l’excursion sur les flancs du volcan, des rencontres avec des classes sous des palmes tressées, des enfants curieux de nos livres, des dédicaces, des événements, de la projection d’un film à un concert slam dessiné en passant par des journées formations et des tables rondes sur le sujet “filles et garçons dans la littérature jeunesse”, des librairies (dont la librairie Gérard)… et le prix littéraire du Paille-en-Queue (félicitations aux lauréats !). C’est aussi une formidable complicité qui s’est créée entre nous, métropolitains si chaleureusement accueillis, et l’équipe organisatrice : des soirées, des attentes du rayon vert au soleil couchant, des délires, des envies d’inventer des histoires et de nouvelles façons de parler de notre métier… De quoi avoir une sacrée envie de revenir sur l’île ! Il le faudra, on n’a pas eu assez de temps pour faire vraiment connaissance avec tous les artistes réunionnais, et maintenant on a des amis “là-bas”…

Photos souvenirs

(cliquer sur les vignettes pour les agrandir).
Merci à Cécile (Hudrisier), Mélanie (Decourt), Muriel (Enrico), Nathalie (Infante) et Florence (Hinckel) pour les photos. Antoine (Guilloppé) et Mélanie (Decourt) en ont aussi publié sur leur page facebook, Judith (Gueyfier) sur son blog, Florence (Hinckel) sur le sien, et Muriel (Enrico) sur le site de l’Adben et sur facebook.

Après le silence et la paix de Mafate, la ville, les voitures.Le soir, l'attente du rayon vert (Carole Chaix, Jo Witek et Mélanie Decourt).Journée détente, pause sur la route du volcan (avec Carole Chaix).Carole dessine un chat sur… un volcan.Des auteurs, des illustrateurs sur Mars.Et une éditrice ! (Mélanie Decourt).Le piton de la Fournaise.Plage ou volcan, Carole dessine.… pour ne pas se faire mouiller (on a tous perdus !). ©  Photo Mélanie Decourt.Au retour, arrêt sur la plage de sable noir de l'Étang salé et ses rouleaux.Courir plus vite que l'océan… (© photo Nathalie Infante).Un auteur face à l'océan.Moment de perfection.La plage de l'Ermitage, séance de dessin en miroir. (© Photo Florence Hinckel).Moment de folie du matin (avec Mélanie Decourt, © photo Cécile Hudrisier).Stand Mafate : les carnets de Carole Chaix (© Photo Muriel Enrico).Rencontre sous les bâches. (© Photo Muriel Enrico).Portrait par Mélanie Decourt.En attendant les enfants et la rencontre sous les feuillages (bronzage strié à la clef).Nos livres sur le stand de la librairie Gérard.Dédicaces (© Photo Muriel Enrico).La fresque de Laurent Corvaisier pour l'Adben, avec Muriel Enrico (© Photo Adben).La dernière plage…… et les valises du retour.

 

Mon cœur l’a chaviré

Badge "J'ai fait Mafate" © Carole Chaix23 octobre 2014.

Il est des voyages dont on revient différent. On est rentrés de la réunion depuis deux jours et les lumières de l’île continuent de miroiter dans nos yeux. Oui, mon cœur l’a chaviré pour cette île, ses habitants, ses paysages, sa douceur, sa force, son métissage et sa folie.

Deux grands moments dans cette aventure :  les jours à Mafate et ceux passés au salon du livre de l’Océan Indien. Une seule équipe pour les deux : l’Adben, le réseau des professeurs documentalistes de la Réunion, autour de Martine Le Maux  et de Muriel Enrico.

Martine, c’est la présidente, sérieuse, comme une présidente, sauf quand elle rit, et elle rit souvent, qu’importe les coups de vent. Muriel, c’est notre ancre, le point de ralliement, le repère et… le grain de folie. Qui d’autre qu’elle aurait pu imaginer faire grimper douze auteurs et illustrateurs sur des pitons où l’on n’accède qu’à pieds, sac au dos, sur des sentiers vertigineux ? Penser les emmener jusque dans ces classes uniques, une ou deux par “îlet” (prononcer le “t” et entendre “village isolé”), des écoles où les enfants les attendent, leurs livres dans les mains, un chant de maloya sur les lèvres ?

Les aventuriers de Mafate

Des “métros” : Judith Gueyfier, Jo Witek, Antoine Guilloppé, Laurent Corvaisier, Cécile Hudrisier, Carole Chaix et moi, et des Réunionnais, Fred Theys, Joëlle Écormier, Moniri M’Bae, Corinne Decloître, Teddy Lafare Gangama. Sans oublier le musicien Mounawar et son très beau spectacle autour des Larmes de l’assassin, version BD.
Des aventuriers aussi dans le cirque voisin de Salazie (mais celui-là est accessible par route) : la “métro” Nathalie Infante avec Fabienne Jonca et Joëlle Brethes rejointes les derniers jours par Carole Chaix.

Pour que ces rêves fous prennent vie, il y a aussi Chantal, Anne, Nathalie, Émilie, Lætitia, Dominique, Marie-Claire, Patrick, Céline, Théo, Monique, Tiphaine, Ingrid, Mikaël et Zya… Lætitia et Guillaume qui nous ont reçu dans leur classe à Mafate, les enseignants rencontrés au salon, nos chauffeurs guides, Gino, Christian et Quentin, et une mention spéciale pour mes anges gardiens sur les chemins de Mafate, Fred Theys (auteur et illustrateur, papa des Zazous qu’il sème à tous vents) et Laurence Hoarau. Une pensée pour toi, Lolo, qui prend ce soir la Diagonale des Fous, trois jours et trois nuits à marcher courir du sud au nord de l’île…

 Au cœur de Mafate

Le nom Mafate viendrait d’un nom de guerre, “qui cause la mort”. C’est vrai, on meurt de Mafate pour mieux vivre, on n’en sort pas comme on y est entré. Après avoir gravi des kilomètres de montée en plein soleil austral, l’éblouissement nous tombe dessus quand on se retrouve dans des paysages paradisiaques. Le cœur près de l’implosion, tout à coup, s’élargit, le regard change. On est ailleurs.

Les valeurs bougent, les idées se bousculent. On réapprend à observer, à humer, à écouter. D’une forêt de filaos à une de bambous, au passage d’une rivière de galets, d’une cascade en à pic à des jardins d’eden, devant le ciel du soir et son explosion de roses, sous les étoiles australes, en arrêt devant le lever de la lune pleine derrière une muraille de roches, à l’écoute du cri des animaux nocturnes, au milieu des visages des Mafatais, sereins, si beaux, on grandit…

Carnet de Carole Chaix, enfants d'ïlet-à-Malheur
Carnet de Carole Chaix, enfants d’Îlet-à-Malheur

Que ce soit à Îlet-à-Malheur ou à Aurère, je ne suis pas certaine d’avoir apporté avec mes livres autant de rêves et de nouvelles façons de penser la vie que ce que ce séjour, ces enfants, m’ont apportés. Mais c’est cela aussi, les rencontres. Elles se font dans les deux sens. J’ai en tête une histoire. Le visage d’une enfant mafataise la nourrit. Son geste, quand elle a posé sa poupée vêtue d’une robe de princesse sur un rocher, comme une offrande abandonnée aux esprits de la nuit. Oui, l’histoire est déjà là, en germe. Un album, sans doute, à partager avec une illustratrice qui “a fait Mafate”, comme moi. Un livre pour ouvrir une fenêtre aux enfants des villes sur ce jardin d’eden, sur une autre vie possible.

Un reportage sur Îlet-à-Malheur et Mafate.
Photo nuages au-dessus de Mafate.

Diaporama

Cliquer pour voir les photos en grand. Merci à Fred Theys pour les photos de l’école d’Îlet-à-Malheur.
NB : les Mafatais que j’ai rencontrés n’aiment pas voir leur visage photographié, j’ai volontairement mis peu de photos d’eux et flouté le visage des enfants.

Avant le départ, les valises débordent.Roissy, des filles et un avion.Arrivée sur la plage, Carole, carnettiste attitrée de l'aventure.Carole devant les pique-niques de la plage de l'Ermitage.Laurent (Corvaisier) et Judith (Gueyfier) dessinent aussi.Deux sirènes dans le lagon.Lever à l'aube pour un départ en 4/4 sur la rivière des galets.Un arrêt ? Carole sort son carnet.Notre ange gardien, Lolo, et sa trousse d'huiles essentielles.Muriel nous montre le Maïdo, en face.Fred Theys, le papa des Zazous, encore un ange sur notre route.Monter tout là-haut ? Vous voulez rire ? Non, ben, heu…Les bambous, entre Aurère et Îlet-à-Malheur.Un Zazou sur un bambou.Dans les carnets de Carole… (… et une luciole perdue dans la jungle.Carole coccinelle.Au-dessus du vide, tout en bas, une rivière.Parterre de songes.Fleurs de forêt.Poinsettias.D'autres plantes encore.Et des orchidées sauvages.Ce qu'on fait de plus plat comme sentier dans le cirque…Îlet-à-Malheur, lumières du soir.Derrière le gîte, la basse-cour (ambiance de nuit garantie !).L'école, en plein dans le thème du salon : filles et garçons.À la Réunion, le Code noir est dans les manuels scolaires.Spectacle de marionnettes improvisé à partir de nos livres.À la récré, l'homme de l'espace fait danser les enfants.Lecture et dessin autour de “Ogre, cacatoès et chocolat” (© Photo Fred Theys).Cécile lit, Carole dessine, les enfants écoutent… (© Photo Fred Theys).… place à la couleur ! (© Photo Fred Theys).L'ogre dessiné par Carole, colorié par les enfants et… Lolo.Îlet-à-Malheur, le soir.Des poinsettias encore.La plante qui endort et dont on meurt, le datura.Un cirque de rocs et de bois.Le café et ses plantations, l'esclavage, toute une histoire.La barbe de Saint-Antoine, plante hors terre, hors eau, elle signe les lieux préservés de toute pollution.Vue de la terrasse du gîte.Dans les carnets de Carole Chaix.Ciel de Mafate, le soir.Aurère, un jardin d'Eden.Aurère, les filaos.Aurère, les montagnes.À l'école d'Aurère, production artistique des enfants.Aurère, la classe de Lætitia.Barnabé devient Gross Patate.Arrivée de l'hélicoptère.Dans l'hélico avec Mounawar, troubadour des îles.Hélicoptère, sensations…Une vue démente sur le cirque de Mafate.

 

• À suivre : le salon de l’Océan Indien, les rencontres, les copains…

• Pour voir les carnets de Carole Chaix.

• Suivre Judith Gueyfier dans Mafate sur son blog.

• Et les reportages de Cécile Hudrisier

Sur les chemins de Mafate

Mafate, le sac à dos
©Muriel Enrico

Le métier d’auteur offre parfois des surprises de rêve…
Quand j’ai rencontré Muriel Enrico, il y a quelques années, je n’avais encore écrit que deux ou trois livres, je me souviens de lui avoir parlé du “Voyage de Poéma”, qui se passait sur une île…

Aujourd’hui, c’est elle qui m’emmène sur son île, avec toute son équipe, dans une aventure folle autour du salon du livre jeunesse de l’Océan Indien, sur les chemins de Mafate
Avec Carole Chaix, Laurent Corvaisier, Judith Gueyfier, Antoine Guillopée, Cécile Hudrisier et Jo Witek, nous serons six “métros”, seize auteurs et illustrateurs en tout, à arpenter le cirque à la rencontre des enfants et des habitants de Mafate. Et sûr, on ne se perdra pas en chemin, l’équipe du salon veille !

Départ samedi 4 octobre 2014, photos et impressions à venir, avant le salon et tous les auteurs, illustrateurs, artistes invités du 15 au 19 octobre autour du thème “Filles et garçons dans la littérature jeunesse” .