Retour sur le printemps… le prix Tatoulu

Encore un prix à part, le prix Tatoulu… La remise avait lieu au collège Gérard Philipe (Paris XVIIIe). L’occasion de retrouver les enfants des classes de l’école de la rue Cligancourt, toujours aussi enthousiastes et passionnés.

Le lauréat du Tatou bleu 2015 est Gilles Abier pour Un de perdu (éditions Sarbacane).  Bravo Gilles !

À la remise du prix Tatoulu 2015.
Des lecteurs de l’école Clignancourt et leurs enseignants.

Retour sur le printemps… le prix Korczak

Au moment où l’automne semble décidé à se muer en hiver, quelques photos, un regard en arrière sur des moments forts de la fin du printemps et de l’été, des moments si intenses que je n’ai pas eu le temps d’en parler ici.

Début juin 2015, Évreux, remise du prix Janusz Korczak

En Normandie, les enfants ont choisi… le Fil de soie, ils chantent Ederlezi.Émotion prise au piège dans l'objectif d'Annie Falzini.Des enfants lisent et traduisent le texte d'Ederlezi du romani au français.Delphine Jacquot dessine au trait noir, les enfants font danser les couleurs.Dédicace en duo autour du Fil de soie.

© photos : Annie Falzini, de la librairie “L’oiseau lire”.

Pour les enfants du CM, le lauréat du prix Janusz Korczak 2015 est le roman d’Aharon Apelfeld illustré par Philippe Dumas, Adam et Thomas (école des Loisirs). Félicitations ! Et bonne route à ce prix qui ouvre des rencontres et des débats si riches. Bravo à toute l’équipe !

L’école de la République

Marilou à l'école.
Marilou à l’école, in “Le fil de soie”  ©Delphine Jacquot/éd. Thierry Magnier

Décidément, Le fil de soie est nommé dans de très beaux prix. Aujourd’hui, matinée Tatoulu dans une école du XVIIIe, à Paris. Je suis en avance, je regarde les enfants arriver devant le 61 de la rue Clignancourt. Est-ce l’effet retour de vacances ? Ce début de printemps qui hésite entre soleil et rideaux de pluie ? Les enfants sont calmes, sereins. Avec leurs origines cumulées, à eux tous, ces enfants de France doivent couvrir une bonne partie de la planète. La porte s’ouvre, la gardienne les accueille d’un bonjour souriant. Une enfant de sept ou huit ans attend sa copine pour entrer, elles sont contentes de se retrouver. Un jeune garçon noir arrive avec une petite fille blanche et blonde, ils sont en grande conversation, ils rient. Puis disparaissent dans l’école. Je les suis.
Arthur Cattiaux, un enseignant de CM2, m’accueille tout en saluant les enfants. Ilona, Mohamed, Jeanine, Lou, Lucas, Dylan, Arthur, Fleur, Ruby… il les connaît tous, a un mot gentil pour chacun, soulève le chapeau d’une fille en lui disant qu’il est charmant, mais qu’elle doit l’enlever pour aller dans la cour. Le respect, l’attention, la bienveillance. Des mots qui semblent tellement usés… et pourtant.

Dans sa classe de CM2 et celle de Raphaële Asselin, les rencontres avec les élèves sont de merveilleux moments d’écoute mutuelle, de curiosité, de finesse de réflexion sur le livre, l’histoire. Quand la récréation ou la fin de matinée sonnent, ils continuent de poser des questions, d’échanger, ne semblent pas pressés de partir. Marilou et sa Mamilona ont trouvé ici un bien beau théâtre pour livrer leur histoire…

Que dire ? Merci. Oui, merci, vraiment. Ce matin, rue Clignancourt, à Paris, j’ai vécu un vrai moment de mixité, d’école républicaine. C’est donc possible ! En ces temps si sombres, des instants comme ceux-là sont une source d’énergie essentielle. À la fin de la première rencontre, une enfant m’a demandé si les événements de Charlie Hebdo avaient changé quelque chose dans ce que j’écrivais. Dans son regard, dans l’attente de toute la classe face à ma réponse, j’ai ressenti l’immense confiance que ces enfants nous font, j’ai mesuré l’importance qu’on peut avoir, nous, troubadours, inventeurs d’histoires, chez ces enfants qui grandissent avec Charlie. Un sacré défi.

Mais on n’est pas seuls… Les parents, bien sûr, sont là. Et les enseignants. Alors, oui, merci aux enseignants, merci à l’équipe de cette école, merci à tous ceux qui font mentir les corbeaux et montrent jour après jour que vivre ensemble, non seulement c’est possible, mais que c’est enthousiasmant.