Les Indestructibles de Douchy-les-Mines

Manque de temps pour tenir ce journal en ce moment… mais comment ne pas parler de cette rencontre avec les Indestructibles à Douchy-les-Mines ? Un salon, des classes, une révolte des doudous (une photo bientôt !), une lecture en duo avec Carole Chaix, une table ronde, des enfants, des équipes formidables, un libraire éternuant sur son Bateau Livres, des copains et… un juke-box ! Super salon.

Quelques photos pour un aperçu sur la rencontre avec les Indestructibles et les Cousteau, élèves du collège Émile Littré

Cliquez sur les images pour les voir et lire les légendes.

(©photos : Lydie de la Médiathèque, merci !)

Autour de Rouge Bala avec les Cousteau.Les sacs de Manon, dans Ogre, cacatoès et chocolat.Un film réalisé par les adolescents de la classe Ulis, renommée les Indestructibles !Des larmes… le film était un moment fort !Des rires aussi…Des livres, des histoires partagés.Un Ogre pour les Indestructibles.Les Cousteau, les Indestructibles et leurs enseignantes et AVS : bravo !

À vous qui avez vingt ans

1977. Ou était-ce 1978 ? J’ai seize ans. Je porte des pantalons pattes d’éph et de grandes liquettes volées à mon grand-père. On se parfume au patchouli et au bois de santal, on écoute Frank Zappa, Lou Reed et Santana. Au lycée, au café, avec les copains, on refait le monde, sans arrêt. C’est une manie. Refaire le monde, fumer cigarette sur cigarette et tomber amoureux, de l’un, de l’autre, en riant, en pleurant. Je milite contre le nucléaire, pour l’énergie solaire. En Espagne, Franco est mort. Il reste Pinochet au Chili et les dictatures à l’Est, de l’autre côté d’un mur de silence, loin de nous. Mais on continue de crier dans les rues, contre la censure, contre les plans économiques absurdes, pour l’égalité des femmes et des hommes, pour plus de liberté.

2015. J’ai cinquante ans passés. Plus de pattes d’éph ni de liquettes, mon grand-père est mort. Qu’aurait-il dit du monde qui s’annonce, lui qui a vu passer tant de guerres, 14/18, 39/45, les échos des guerres de décolonisation, l’Indochine et l’Algérie… Qu’aurait-il dit du monde qui est là ? Et nous broie. Les extrémismes se propagent et menacent comme autant de nappes de pétrole sur un océan fermé. La censure rampe et s’étend, le système économique ne fonctionne plus, la finance a pris le pouvoir et mène sans sourciller la planète dans le mur, les droits des femmes sont de plus en plus menacés, la liberté est sous contrôle, état d’urgence prolongé, internet surveillé… Et maintenant, ce vote, ce désespoir larvé qui se transforme en haine et en rejet.

Affiche mai 68
Affiche mai 68

Alors ce soir j’ai envie de reprendre mes pattes d’éph et mes liquettes, de rallumer ce briquet oublié dans un fond de tiroir, et de vous le passer en flambeau, à vous qui avez seize ou vingt ans aujourd’hui. À vous qui héritez d’un moment de l’Histoire si complexe, d’un basculement déroutant, déstabilisant. Angoissant. Un briquet pour ne pas rester dans le gris, le glauque, dans le vide de sens. Un briquet à porter en étendard, lumière au poing. Pour réclamer cette place qu’on ne vous laisse pas, ou si peu. On sera là, derrière vous, pour continuer à rêver le monde, avec vous. Pour semer tout ce qu’il nous semble vital de semer, la liberté, la laïcité, l’égalité, de grands mots auxquels il faut arracher la majuscule pour les prendre avec nous, au creux de nous, les afficher au quotidien, les protéger, les défendre, rageusement. C’est votre monde qui se construit, il ne doit pas se construire sans vous. Pour continuer de vivre, de rire. De s’aimer.

Tenez, prenez ce briquet. Pour les pattes d’éph, il paraît qu’on dit flare maintenant, mais pour les liquettes, allez, je ne suis pas si terrible, je ne vous oblige pas à en porter…

Évreux, lecture dessinée

L’enfance couleur Magnier

Encore un retour en arrière… sur le samedi 7 novembre et le salon d’Évreux cette fois. Avec Carole Chaix, invitées par la Librairie L’oiseau lire et la Médiathèque de la ville, on a présenté une lecture dessinée, un moment tout spécialement concocté pour l’invité d’honneur, Thierry Magnier.
Lecture d’extraits des albums qu’on a édités chez lui, en duo ou avec d’autres, au gré d’articles du Dictionnaire fou du corps, de Katy Couprie, et en final la lecture d’un inédit, les premiers mots de notre projet de BD L’aube verte. Le tout en musique et mis en image en direct par Carole.

Le stand Thierry Magnier.Entrée du spectacle…La (grande !) page blanche.… et des ronds de couleur.Le public.Pour cette “enfance couleur Magnier”.Des mots lus, les miens, ceux d'Annie Agopian, de Katy Couprie.“Mon chagrin éléphant” sous les pinceaux de Carole. Encre, acrylique, collages…… pochoirs et bombe.“Dans la tête d'Albert”, d'Annie Agopian.Un portrait, celui de la “Princesse au Palais”.Un projet en cours, “L'aube verte”.Une page en mouvement.Les images se mêlent aux mots.Salut…Au final…… la page.

Merci à Michèle Chaix pour les photos.

Une interview avec Carole sur Principe actif, la radio associative d’Évreux.