Montreuil, le retour

Montreuil 2017, on l’a fait !
Et je ne sais pas pourquoi, juste là, David vient squatter sur ce mur…

Traverser des nuées d’enfants, petits et grands (à Montreuil, on a tous le droit d’avoir dix ans), des livres à ne plus savoir où poser son regard, vouloir tout voir, ne rien voir, sourire, bisouter, rebisouter, resourire, signer, discuter, imaginer, avoir une envie d’écrire là tout de suite pour ne pas perdre le fil, se dire que ce n’est pas la meilleure idée… Se poser devant une lecture dessinée tendre et drôle (les trente ans de Vincent Cuvellier avec Ronan Badel, Thomas Baas, Delphine Perret et Robin), arrêter le temps pour un moment de poésie (avec Marcus Malte et Régis Lejonc), faire une pirouette et aller écouter Insa Sané chanter, murmurer des textes Exprim en diable. Dîner avec des autrices, des auteurs, des illustratrices, des illustrateurs qu’on aime et dont on aime le travail. Se retrouver dans un beau restaurant avec (vraie !) cheminée et toute l’équipe du Seuil. Voir une expo des plus réussies, avoir un hoquet devant le stand Mac Do, ne pas semer de plumes, enfin… pas comme ça, mais être dans la rage de l’impuissance à trouver comment faire bouger les choses. En discuter, aussi. Retrouver toutes celles, tous ceux qu’on aime tant revoir, ici ou là, des Petits Pois, des Nomades, des Grateloups, des femmes du Sud et d’ailleurs… Des amis, des amies qu’on aimerait voir plus longtemps, plus tranquillement, mais c’est déjà ça, quelques instants volés au quotidien. Oui, indispensable Montreuil…
Alors merci à toutes, à tous. À Sylvie, Nathalie, Rachel, Astrid et toute l’équipe qui dessine ce merveilleux tourbillon, point d’orgue du travail sur le terrain, toute l’année. Merci aux copines, aux copains, aux éditeurs (avec un bonus pour Laurence et Pierre-Jean d’À pas de loups qui m’ont hébergée entre deux plongées en apnée entre les travées), aux lecteurs, aux libraires, aux blogueuses, aux blogueurs, aux journalistes, aux photographes, aux gardiens, agents d’entretien, restaurateurs et barmen du coin… à la neige, aussi. C’est joli, Montreuil, la nuit, sous la neige. Merci à David Bowie.
C’est sûr, on est tous des héros.

Montreuil 2017

Montreuil par-ci, Montreuil par-là, Montreuil que voilà…

Séances de dédicaces :

  • vendredi · 18h/20h · À pas de loups · G8
  • samedi · 15h30/17h30 ·
    La Joie de Lire · K11
  • lundi · 11h/13h · À pas de loups · G8
    avec Carole Chaix
  • lundi · 13h30/15h · Le Seuil · J5

On s’y voit ⁈

Eh non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin !

« Le masculin l’emporte sur le féminin »

Est-ce qu’on peut imaginer ce que cette phrase, assénée à chaque accord “malencontreux”, peut avoir de néfaste dans la conception que les enfants se forgent de leur propre personne, selon qu’ils sont filles ou garçons, et sur l’idée qu’ils se font du monde en général ? Comment lutter pour l’égalité des citoyen·nes quand on leur prêche cette règle inique dès leur plus jeune âge ?

Eh bien non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin.

Dans une pétition en cours, 314 enseignantes et enseignants s’engagent à ne plus appliquer cette règle.

Je suis écrivaine, la langue est mon outil. Quand j’écris, je pèse les mots, consciente que l’effet d’une phrase ne sera pas le même selon le terme choisi. Jusque-là, en bonne élève formatée, j’appliquais cette règle de l’accord sans y penser. Moi qui me pensais féministe… Mais les réflexions d’Éliane Viennot m’ont éclairée sur cet affront grammatical. Si je percevais bien la volonté de cantonner les femmes dans certains domaines, je n’avais pas réfléchi à ce côté-là de la force… Notre façon de “dire les femmes” n’est pas neutre… Des noms de métiers qui n’existent pas au féminin, la dévalorisation de l’acception féminine d’un grand nombre de termes… et jusqu’à cette règle grammaticale inique, tout fait sens. Et toujours dans le même sens.

Je suis écrivaine et j’écris des livres “jeunesse”. Il me semble d’autant plus important de lutter contre cette règle infâmante du “masculin qui l’emporte sur le féminin” que mes livres sont lus par des enfants et des adolescents.

J’ai signé la pétition de soutien à ces enseignants, à ces enseignantes.

À mes éditrices, mes éditeurs, à mes lectrices et mes lecteurs, j’annonce donc que j’utiliserai dans mes textes à venir la règle de proximité.

Ainsi les histoires et les livres seront beaux comme les livres et les histoires seront belles.