{"id":2554,"date":"2015-10-23T23:32:38","date_gmt":"2015-10-23T22:32:38","guid":{"rendered":"http:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?page_id=2554"},"modified":"2018-02-11T20:03:21","modified_gmt":"2018-02-11T19:03:21","slug":"parole-de-papillon","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?page_id=2554","title":{"rendered":"Parole de papillon"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: right;\">Roman illustr\u00e9 par <a href=\"https:\/\/leadjeziri.wordpress.com\">L\u00e9a Djeziri<\/a><br \/>\n<strong><a href=\"http:\/\/www.editionsdupourquoipas.com\">\u00c9ditions du pourquoi pas ?<\/a>\u00a0\u00b7 nov. 2015<\/strong><\/h4>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><i>Kosovo, \u00e9t\u00e9 1999<\/i><\/p>\n<p>Cache-toi Todor\u00a0! Cache-toi\u2026<br \/>\nLe vent souffle. Un vent chaud, et lourd. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9.<br \/>\nElle avait des cheveux doux, sa m\u00e8re. Ils \u00e9taient bruns et un peu roux aussi, comme les feuilles des arbres en automne, et brillants comme la ch\u00e2taigne. Elle lui a cri\u00e9 de se cacher quand ils l\u2019ont emmen\u00e9e. Alors Todor a couru.\u00a0Ils ont tir\u00e9 sur son p\u00e8re qui courait vers elle. Todor l\u2019a vu s\u2019\u00e9crouler par terre, mais il n\u2019a pas cri\u00e9. Apr\u00e8s \u00e7a, Todor n\u2019a plus rien vu, plus rien entendu. Il s\u2019est accroupi sous l\u2019appentis, derri\u00e8re la r\u00e9serve de bois. Les yeux ferm\u00e9s, les poings sur les oreilles, il a attendu. Il a senti l\u2019odeur des maisons qui br\u00fblaient. Il ne se rappelle pas s\u2019\u00eatre endormi, mais quand il a rouvert les yeux, il faisait nuit.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce texte est n\u00e9 il y a des ann\u00e9es dans les \u00e9chos de la guerre du Kosovo. Au d\u00e9part, je l&rsquo;ai \u00e9crit\u00a0comme un exercice, je n&rsquo;\u00e9tais pas encore\u00a0publi\u00e9e. L&rsquo;histoire s&rsquo;est construite \u00e0 partir de trois photos\u00a0: un vieillard assis sur une chaise, le regard perdu au loin, un man\u00e8ge de chevaux de bois, un enfant qui offre son visage\u00a0\u00e0 des\u00a0flocons de neige (une photo d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.edouard-boubat.fr\">\u00c9douard Boubat<\/a>). Trois images qui sont devenues trois \u00e9tapes clefs dans\u00a0l&rsquo;itin\u00e9raire de Todor, un enfant \u00e0 la recherche de son grand fr\u00e8re dans les ravages de la guerre.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-2621 alignright\" src=\"http:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/papillon-ruines-web.jpg\" alt=\"Papillon de L\u00e9a Djeziri\" width=\"222\" height=\"181\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/papillon-ruines-web.jpg 329w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/papillon-ruines-web-300x245.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/>Cet enfant a pris tr\u00e8s vite le pr\u00e9nom de Todor, comme\u00a0<a href=\"http:\/\/www.nicematin.com\/menton\/a-la-frontiere-migrants-et-militants-sont-toujours-mobilises.2318010.html\">Todor Bogdanovi\u0107<\/a>, un enfant de huit ans tu\u00e9s par un policier \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1995 pendant que ses parents fuyaient la guerre. \u00c0 partir de l\u00e0, le texte m&rsquo;a tenue, il a pris une importance tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du\u00a0simple exercice.\u00a0Je n&rsquo;ai pas \u00e9crit l&rsquo;histoire de Todor Bogdanovi\u0107 mais j&rsquo;ai nomm\u00e9 mon personnage Todor en hommage \u00e0 cet enfant mort de la guerre que font les adultes.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, vingt ans apr\u00e8s, des enfants encore s&rsquo;\u00e9chouent et viennent mourir sur les routes de l&rsquo;exode.<\/p>\n<p>Il y a quelque mois, quand Alain Claude m&rsquo;a demand\u00e9 si je n&rsquo;avais pas un texte \u00e0 lui proposer pour ses <a href=\"http:\/\/www.editionsdupourquoipas.com\">\u00e9ditions du Pourquoi pas<\/a>, j&rsquo;ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 Todor, tout en m&rsquo;interrogeant : est-ce que cette histoire de Kosovo et d&rsquo;hommes et de femmes pouss\u00e9s sur les routes\u00a0par la guerre parleraient aux adolescents d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;hiver\u00a0dernier\u2026 l&rsquo;actualit\u00e9, malheureusement, a rattrap\u00e9 Todor.<\/p>\n<p>Pour prendre son envol,\u00a0<i>Parole de papillon <\/i>ne pouvait r\u00eaver mieux que\u00a0cette superbe aventure\u00a0: un livre illustr\u00e9 par une \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9cole de l&rsquo;image d&rsquo;\u00c9pinal, les superbes encres de L\u00e9a Djeziri, mis en page par Simon Bailly. Et un livre port\u00e9 par une maison d&rsquo;\u00e9dition largement impliqu\u00e9e dans les valeurs de la\u00efcit\u00e9\u00a0et de paix. Place, maintenant, aux lecteurs qui tendront la main \u00e0 Todor\u2026<\/p>\n<figure id=\"attachment_2644\" aria-describedby=\"caption-attachment-2644\" style=\"width: 380px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2644 \" src=\"http:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/anges-sarajevo-louisjammes.jpg\" alt=\"Un ange de Sarajevo par Louis Jammes\" width=\"380\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/anges-sarajevo-louisjammes.jpg 960w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/anges-sarajevo-louisjammes-300x237.jpg 300w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/anges-sarajevo-louisjammes-676x534.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2644\" class=\"wp-caption-text\">Les anges de Sarajevo, \u00a9Louis Jammes<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec un regard \u00e9mu sur\u00a0les\u00a0<a href=\"http:\/\/culturebox.francetvinfo.fr\/expositions\/photo\/louis-jammes-ressuscite-les-ombres-du-monde-a-la-plomberie-depinal-212523\">anges de Sarajevo<\/a>, superbe hommage de\u00a0<a href=\"http:\/\/louis-jammes.tumblr.com\">Louis Jammes<\/a>\u00a0aux enfants de la guerre.<\/p>\n<p>\u2022 Au sujet de la maison d&rsquo;\u00e9dition\u2026<br \/>\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"960\" height=\"540\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/STQ_P1KNEo0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; encrypted-media\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roman illustr\u00e9 par L\u00e9a Djeziri \u00c9ditions du pourquoi pas ?\u00a0\u00b7 nov. 2015 Kosovo, \u00e9t\u00e9 1999 Cache-toi Todor\u00a0! Cache-toi\u2026 Le vent souffle. Un vent chaud, et lourd. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9. Elle avait des cheveux doux, sa m\u00e8re. Ils \u00e9taient bruns et un peu roux aussi, comme les feuilles des arbres en automne, et brillants comme la ch\u00e2taigne. Elle lui a cri\u00e9 de se cacher quand ils l\u2019ont emmen\u00e9e. Alors Todor a couru.\u00a0Ils ont tir\u00e9 sur son p\u00e8re qui courait vers elle. Todor l\u2019a vu s\u2019\u00e9crouler par terre, mais il n\u2019a pas cri\u00e9. Apr\u00e8s \u00e7a, Todor n\u2019a plus rien vu, plus rien entendu. Il s\u2019est accroupi sous l\u2019appentis, derri\u00e8re la r\u00e9serve de bois. Les yeux ferm\u00e9s, les poings sur les oreilles, il a attendu. Il a senti l\u2019odeur des maisons qui br\u00fblaient. Il ne se rappelle pas s\u2019\u00eatre endormi, mais quand il a rouvert les yeux, il faisait nuit. Ce texte est n\u00e9 il y a des ann\u00e9es dans les \u00e9chos de la guerre du Kosovo. Au d\u00e9part, je l&rsquo;ai \u00e9crit\u00a0comme un exercice, je n&rsquo;\u00e9tais pas encore\u00a0publi\u00e9e. L&rsquo;histoire s&rsquo;est construite \u00e0 partir de trois photos\u00a0: un vieillard assis sur une chaise, le regard perdu au loin, un man\u00e8ge de chevaux de bois, un enfant qui offre son visage\u00a0\u00e0 des\u00a0flocons de neige (une photo d&rsquo;\u00c9douard Boubat). Trois images qui sont devenues trois \u00e9tapes clefs dans\u00a0l&rsquo;itin\u00e9raire de Todor, un enfant \u00e0 la recherche de son grand fr\u00e8re dans les ravages de la guerre. Cet enfant a pris tr\u00e8s vite le pr\u00e9nom de Todor, comme\u00a0Todor Bogdanovi\u0107, un enfant de huit ans tu\u00e9s par un policier \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1995 pendant que ses parents fuyaient la guerre. \u00c0 partir de l\u00e0, le texte m&rsquo;a tenue, il a pris une importance tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du\u00a0simple exercice.\u00a0Je n&rsquo;ai pas \u00e9crit l&rsquo;histoire de Todor Bogdanovi\u0107 mais j&rsquo;ai nomm\u00e9 mon personnage Todor en hommage \u00e0 cet enfant mort de la guerre que font les adultes. Aujourd&rsquo;hui, vingt ans apr\u00e8s, des enfants encore s&rsquo;\u00e9chouent et viennent mourir sur les routes de l&rsquo;exode. Il y a quelque mois, quand Alain Claude m&rsquo;a demand\u00e9 si je n&rsquo;avais pas un texte \u00e0 lui proposer pour ses \u00e9ditions du Pourquoi pas, j&rsquo;ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 Todor, tout en m&rsquo;interrogeant : est-ce que cette histoire de Kosovo et d&rsquo;hommes et de femmes pouss\u00e9s sur les routes\u00a0par la guerre parleraient aux adolescents d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;hiver\u00a0dernier\u2026 l&rsquo;actualit\u00e9, malheureusement, a rattrap\u00e9 Todor. Pour prendre son envol,\u00a0Parole de papillon ne pouvait r\u00eaver mieux que\u00a0cette superbe aventure\u00a0: un livre illustr\u00e9 par une \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9cole de l&rsquo;image d&rsquo;\u00c9pinal, les superbes encres de L\u00e9a Djeziri, mis en page par Simon Bailly. Et un livre port\u00e9 par une maison d&rsquo;\u00e9dition largement impliqu\u00e9e dans les valeurs de la\u00efcit\u00e9\u00a0et de paix. 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