{"id":6179,"date":"2019-12-20T13:31:26","date_gmt":"2019-12-20T12:31:26","guid":{"rendered":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?page_id=6179"},"modified":"2020-06-05T14:58:36","modified_gmt":"2020-06-05T13:58:36","slug":"filles-de-la-walilu","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?page_id=6179","title":{"rendered":"Filles de la Wal\u00efl\u00fc"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"has-text-align-right wp-block-heading\">Roman<br><a href=\"https:\/\/www.ecoledesloisirs.fr\/collection\/medium-0\">L&rsquo;\u00e9cole des loisirs \u00b7 M\u00e9dium + <\/a>\u00b7 <strong>f\u00e9vrier 2020<\/strong><br>Illustration de couverture <a href=\"https:\/\/joannaconcejo.blogspot.com\">Joanna Concejo<\/a><\/h4>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Derri\u00e8re un rideau d\u2019arbres, au fond de la for\u00eat, un lac noir sous le ciel noir. Et le froid. Un chuintement, une plainte. Un cri de douleur qui signe la fin de la nuit. Lentement, le noir du ciel se griffe d\u2019or et d\u2019argent, le cobalt fond sous l\u2019indigo. Le g\u00e9missement, \u00e0 nouveau, r\u00e9sonne sans que personne ne soit l\u00e0 pour l\u2019entendre. Un trait, un \u00e9clair nacr\u00e9 dans le blanc pur de la glace, et un soupir, le dernier, un son \u00e0 lac\u00e9rer le c\u0153ur quand la plaque se scinde en deux. Le morceau de glace h\u00e9site, il tangue en suivant le clapot des eaux du lac. Le vent tombe, la plaque d\u00e9rive.<br> Loin du lac, au-del\u00e0 de la for\u00eat, le jour se l\u00e8ve sur Ann-Ville. Trois silhouettes se pressent, trois points rouges sur les rues pav\u00e9es de blanc. Leurs longues jupes balaient le sol verglac\u00e9, leurs foulards nou\u00e9s bas sur leur front masquent leur visage.<br> \u2014 Quel froid\u2026 Dire qu\u2019on est en avril&nbsp;!<br> \u2014 Garde ton souffle, Johanna, chauffe tes mains avec, le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 na\u00eetre va en avoir besoin\u2026<br><\/p><cite><em>Filles de la Wal\u00efl\u00fc<\/em>, incipit<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du temps<\/h2>\n\n\n\n<p>Comment r\u00e9sumer plus de trois ann\u00e9es pass\u00e9es avec une histoire, un lieu, avec des personnages qui s&rsquo;ancrent tellement en soi qu&rsquo;ils nous \u00e9chappent, parfois ?<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part, dans un mouvement o\u00f9 r\u00e8gnent les romans de fin du monde et de reconstruction, j&rsquo;ai voulu \u00e9crire une histoire d&rsquo;un autre possible, l\u00e0, maintenant. Et ce possible passait par les femmes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un lieu<\/h2>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans ce moment o\u00f9 le roman n&rsquo;en est pas encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esquisse mais o\u00f9 le d\u00e9sir est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 que j&rsquo;ai lu <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/europe\/visuel\/2014\/10\/04\/sur-l-ile-de-kihnu-une-des-dernieres-societes-matriarcales-d-europe_4494934_3214.html\">\u201cLes gardiennes de Kihnu\u201d<\/a>, un reportage de Camille Bordenet avec des photos de Jules Gaillard sur une \u00eele estonienne g\u00e9r\u00e9e par des femmes. L&rsquo;article n&rsquo;est pas facilement lisible en ligne, mais j&rsquo;en ai retrouv\u00e9 un autre, de Lib\u00e9ration, que j&rsquo;ai lu \u00e0  la m\u00eame \u00e9poque. Je me permets de le d\u00e9poser ici.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file aligncenter\"><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Kihnu-belle-\u00eele-en-m\u00e8res-Lib\u00e9ration.pdf\">Kihnu-belle-\u00eele-en-m\u00e8res-Lib\u00e9ration<\/a><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Kihnu-belle-\u00eele-en-m\u00e8res-Lib\u00e9ration.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p>Une \u00eele g\u00e9r\u00e9e par des femmes ! Et si je tenais un d\u00e9but de quelque chose&nbsp;? Comment une enfant y grandirait-elle ? Devenue adulte, comment aborderait-elle le monde en dehors de cette \u00eele, cern\u00e9e de patriarcats ? Quels dangers pourraient la guetter&nbsp;? Comment\u2026 aimerait-elle ? De fil en aiguille, les questions ouvraient grand les portes pour la mise en place d&rsquo;une narration\u2026 <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"466\" src=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/800px-Seljametsa_j\u00e4rv-700x466.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6275\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/800px-Seljametsa_j\u00e4rv-700x466.jpg 700w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/800px-Seljametsa_j\u00e4rv-300x200.jpg 300w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/800px-Seljametsa_j\u00e4rv-768x512.jpg 768w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/800px-Seljametsa_j\u00e4rv.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00eele de Kihnu \u00e9tait un point de d\u00e9part. Mais il fallait aller au-del\u00e0,  inventer ce \u201clieu des possibles\u201d. J&rsquo;en ai fait Iurf\u00f6ll, une presqu&rsquo;\u00eele du bout du monde, isol\u00e9e face \u00e0 un monde patriarcal. Prise entre un oc\u00e9an glac\u00e9 et des for\u00eats immenses, il y ferait froid, avec de longues nuits l&rsquo;hiver, et des nuits d&rsquo;\u00e9t\u00e9 rougies par le soleil.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un personnage<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Albaan aime bien les histoires d\u2019animaux, et celle de sa naissance aussi. <em>\u00c0 ta naissance, tu \u00e9tais p\u00e2le\u2026<\/em> c\u2019est ce que sa m\u00e8re lui a toujours racont\u00e9. <em>Il faisait froid, on \u00e9tait en avril mais on tardait \u00e0 sortir de l\u2019hiver. Ton visage \u00e9tait couleur de lune et tes l\u00e8vres carmin. <\/em>Un d\u00e9but narr\u00e9 comme un conte, un air de Blanche-Neige, \u00e7a lui allait plut\u00f4t bien. Sauf pour les yeux. Albaan ne les avait pas noirs, mais de ce bleu intense qui colore les eaux prises dans les glaces, tout au nord des terres, une grande partie de l\u2019ann\u00e9e. Un regard qui p\u00e9n\u00e8tre et peut effrayer quand il ne fait pas succomber. Elle ne le sait pas encore, mais un jour, ce regard sera un atout. Il sera son arme, et sa faille&nbsp;: parce qu\u2019une autre avant elle, une qu\u2019elle ne conna\u00eet pas, est n\u00e9e avec ce m\u00eame regard, son destin sera trac\u00e9 d\u2019une ligne de partage des vies, cette cr\u00eate d\u2019o\u00f9 l\u2019on peut basculer et o\u00f9 seuls les \u00eatres bien plant\u00e9s peuvent marcher sans tomber.<\/p><cite><em>Filles de la Wal\u00efl\u00fc<\/em>, \u201cLa bougie sculpt\u00e9e\u201d<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Vingtmillelieue00vern_orig_0412_1-700x1033.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6278\" width=\"148\" height=\"218\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Vingtmillelieue00vern_orig_0412_1-700x1033.jpg 700w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Vingtmillelieue00vern_orig_0412_1-203x300.jpg 203w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Vingtmillelieue00vern_orig_0412_1-768x1133.jpg 768w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Vingtmillelieue00vern_orig_0412_1.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 148px) 100vw, 148px\" \/><figcaption>A. de Neuville \u201cVingt mille lieues sous les mers\u201d<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Albaan est au c\u0153ur du roman. Elle vit \u00e0 Ann-Ville, dans cette presqu&rsquo;\u00eele o\u00f9 r\u00e8gnent les femmes. Elle est heureuse et gaie, mais ses nuits sont agit\u00e9es de cauchemars&nbsp;: des monstres du fond des mers d\u00e9vorent son p\u00e8re, et elle ne peut pas le sauver.<br>Son amiti\u00e9 avec Lilijann et leur d\u00e9couverte de la for\u00eat, toujours plus avant, lui fait oublier ses angoisses. Ensemble, elles ne craignent rien ni personne, pas m\u00eame cette Wal\u00efl\u00fc qui d\u00e9vore, dit-on, les enfants&nbsp;! Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 une inconnue, une \u00e9trang\u00e8re au visage \u00e0 moiti\u00e9 br\u00fbl\u00e9, arrive \u00e0 Ann-Ville\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dans \u201cFilles de la Wal\u00efl\u00fc\u201d il y a\u2026<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">De la neige, un lac glac\u00e9, des fleurs de sureaux, des femmes et des hommes aussi, des p\u00eacheurs aux mains gerc\u00e9es, la for\u00eat, un brin de chamanisme, un tatoueur \u00e0 une seule main, une cordonni\u00e8re mairesse, une factrice en sidecar, une sorci\u00e8re lumineuse, un bal sous un ciel rouge, l'oc\u00e9an, une vengeance et un amour fou, ou plut\u00f4t\u2026 des amours folles.<\/pre>\n\n\n\n<p>Ce roman est nourri d&rsquo;images, de musiques, de films, de romans bien s\u00fbr, et d&rsquo;essais. La plupart sont cit\u00e9s \u00e0 la fin du livre.<br>C\u00f4t\u00e9 images, des photos de Kihnu et de l&rsquo;Islande pour imaginer un pays, d&rsquo;autres d&rsquo;<em>Agnieszka Sosnowska<\/em> pour Albaan, Lilijann, un portrait de femme tatou\u00e9e sign\u00e9e Fran\u00e7ois Roca\u2026 tant d&rsquo;images nourrissent ce roman que j&rsquo;en ai fait des <em>moodboards<\/em>, l&rsquo;un en rouge, l&rsquo;autre en bleu.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=4370\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/moodboard-bleu.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6241\" width=\"346\" height=\"283\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/moodboard-bleu.jpg 544w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/moodboard-bleu-300x244.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 346px) 100vw, 346px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=4444\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/mooboard-rouge.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6242\" width=\"347\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/mooboard-rouge.jpg 543w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/mooboard-rouge-300x246.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 347px) 100vw, 347px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u272a Pour plonger dans l&rsquo;ambiance de la presqu&rsquo;\u00eele de Iurf\u00f6ll, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=BDsuR22GQPQ&amp;list=PLGCiNwTFRQWsq0ASu2e59f6ibR5RBXZVU\">la playlist d&rsquo;Albaan<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour \u00e9crire ce roman il a fallu\u2026<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>la d\u00e9licatesse et la finesse de <strong>Maya Michalon<\/strong>, une \u00e9ditrice fabuleuse,<\/li><li>la confiance de l&rsquo;\u00e9cole des loisirs,<\/li><li>la patience de mes libraires, <strong>Fran\u00e7ois et Audrey<\/strong>, de la <a href=\"http:\/\/librairiejonas.fr\">librairie Jonas<\/a>, qui m&rsquo;ont fait d\u00e9couvrir de tr\u00e8s bons romans sur la for\u00eat  et les pays du grand froid,<\/li><li>l&rsquo;\u00e9coute de <strong>Benoit<\/strong> et des <strong>ami\u00b7es<\/strong> que j&rsquo;ai abreuv\u00e9\u00b7es de mes interrogations, de mes doutes,<\/li><li>les lumi\u00e8res dor\u00e9es, le soir, en lisi\u00e8re d&rsquo;une for\u00eat du bout du monde\u2026<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La bande son d\u2019Albaan<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-wordpress aligncenter wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-\u272a\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"bLMLo5OhNF\"><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=6328\">La playlist d\u2019Albaan<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" title=\"\u00ab\u00a0La playlist d\u2019Albaan\u00a0\u00bb &#8212; \u272a\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=6328&#038;embed=true#?secret=bLMLo5OhNF\" data-secret=\"bLMLo5OhNF\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu de lecture\u2026<\/h2>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/MJ9UwDTs5jg\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La revue de presse<\/h2>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=6411\">En cliquant ici\u2026<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RomanL&rsquo;\u00e9cole des loisirs \u00b7 M\u00e9dium + \u00b7 f\u00e9vrier 2020Illustration de couverture Joanna Concejo Derri\u00e8re un rideau d\u2019arbres, au fond de la for\u00eat, un lac noir sous le ciel noir. Et le froid. Un chuintement, une plainte. Un cri de douleur qui signe la fin de la nuit. Lentement, le noir du ciel se griffe d\u2019or et d\u2019argent, le cobalt fond sous l\u2019indigo. Le g\u00e9missement, \u00e0 nouveau, r\u00e9sonne sans que personne ne soit l\u00e0 pour l\u2019entendre. Un trait, un \u00e9clair nacr\u00e9 dans le blanc pur de la glace, et un soupir, le dernier, un son \u00e0 lac\u00e9rer le c\u0153ur quand la plaque se scinde en deux. Le morceau de glace h\u00e9site, il tangue en suivant le clapot des eaux du lac. Le vent tombe, la plaque d\u00e9rive. Loin du lac, au-del\u00e0 de la for\u00eat, le jour se l\u00e8ve sur Ann-Ville. Trois silhouettes se pressent, trois points rouges sur les rues pav\u00e9es de blanc. Leurs longues jupes balaient le sol verglac\u00e9, leurs foulards nou\u00e9s bas sur leur front masquent leur visage. \u2014 Quel froid\u2026 Dire qu\u2019on est en avril&nbsp;! \u2014 Garde ton souffle, Johanna, chauffe tes mains avec, le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 na\u00eetre va en avoir besoin\u2026 Filles de la Wal\u00efl\u00fc, incipit Du temps Comment r\u00e9sumer plus de trois ann\u00e9es pass\u00e9es avec une histoire, un lieu, avec des personnages qui s&rsquo;ancrent tellement en soi qu&rsquo;ils nous \u00e9chappent, parfois ? Au d\u00e9part, dans un mouvement o\u00f9 r\u00e8gnent les romans de fin du monde et de reconstruction, j&rsquo;ai voulu \u00e9crire une histoire d&rsquo;un autre possible, l\u00e0, maintenant. Et ce possible passait par les femmes. Un lieu C&rsquo;est dans ce moment o\u00f9 le roman n&rsquo;en est pas encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esquisse mais o\u00f9 le d\u00e9sir est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 que j&rsquo;ai lu \u201cLes gardiennes de Kihnu\u201d, un reportage de Camille Bordenet avec des photos de Jules Gaillard sur une \u00eele estonienne g\u00e9r\u00e9e par des femmes. L&rsquo;article n&rsquo;est pas facilement lisible en ligne, mais j&rsquo;en ai retrouv\u00e9 un autre, de Lib\u00e9ration, que j&rsquo;ai lu \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Je me permets de le d\u00e9poser ici. Une \u00eele g\u00e9r\u00e9e par des femmes ! Et si je tenais un d\u00e9but de quelque chose&nbsp;? Comment une enfant y grandirait-elle ? Devenue adulte, comment aborderait-elle le monde en dehors de cette \u00eele, cern\u00e9e de patriarcats ? Quels dangers pourraient la guetter&nbsp;? Comment\u2026 aimerait-elle ? De fil en aiguille, les questions ouvraient grand les portes pour la mise en place d&rsquo;une narration\u2026 L&rsquo;\u00eele de Kihnu \u00e9tait un point de d\u00e9part. Mais il fallait aller au-del\u00e0, inventer ce \u201clieu des possibles\u201d. J&rsquo;en ai fait Iurf\u00f6ll, une presqu&rsquo;\u00eele du bout du monde, isol\u00e9e face \u00e0 un monde patriarcal. Prise entre un oc\u00e9an glac\u00e9 et des for\u00eats immenses, il y ferait froid, avec de longues nuits l&rsquo;hiver, et des nuits d&rsquo;\u00e9t\u00e9 rougies par le soleil. Un personnage Albaan aime bien les histoires d\u2019animaux, et celle de sa naissance aussi. \u00c0 ta naissance, tu \u00e9tais p\u00e2le\u2026 c\u2019est ce que sa m\u00e8re lui a toujours racont\u00e9. Il faisait froid, on \u00e9tait en avril mais on tardait \u00e0 sortir de l\u2019hiver. Ton visage \u00e9tait couleur de lune et tes l\u00e8vres carmin. Un d\u00e9but narr\u00e9 comme un conte, un air de Blanche-Neige, \u00e7a lui allait plut\u00f4t bien. Sauf pour les yeux. Albaan ne les avait pas noirs, mais de ce bleu intense qui colore les eaux prises dans les glaces, tout au nord des terres, une grande partie de l\u2019ann\u00e9e. Un regard qui p\u00e9n\u00e8tre et peut effrayer quand il ne fait pas succomber. Elle ne le sait pas encore, mais un jour, ce regard sera un atout. Il sera son arme, et sa faille&nbsp;: parce qu\u2019une autre avant elle, une qu\u2019elle ne conna\u00eet pas, est n\u00e9e avec ce m\u00eame regard, son destin sera trac\u00e9 d\u2019une ligne de partage des vies, cette cr\u00eate d\u2019o\u00f9 l\u2019on peut basculer et o\u00f9 seuls les \u00eatres bien plant\u00e9s peuvent marcher sans tomber. Filles de la Wal\u00efl\u00fc, \u201cLa bougie sculpt\u00e9e\u201d Albaan est au c\u0153ur du roman. Elle vit \u00e0 Ann-Ville, dans cette presqu&rsquo;\u00eele o\u00f9 r\u00e8gnent les femmes. Elle est heureuse et gaie, mais ses nuits sont agit\u00e9es de cauchemars&nbsp;: des monstres du fond des mers d\u00e9vorent son p\u00e8re, et elle ne peut pas le sauver.Son amiti\u00e9 avec Lilijann et leur d\u00e9couverte de la for\u00eat, toujours plus avant, lui fait oublier ses angoisses. Ensemble, elles ne craignent rien ni personne, pas m\u00eame cette Wal\u00efl\u00fc qui d\u00e9vore, dit-on, les enfants&nbsp;! Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 une inconnue, une \u00e9trang\u00e8re au visage \u00e0 moiti\u00e9 br\u00fbl\u00e9, arrive \u00e0 Ann-Ville\u2026 Dans \u201cFilles de la Wal\u00efl\u00fc\u201d il y a\u2026 De la neige, un lac glac\u00e9, des fleurs de sureaux, des femmes et des hommes aussi, des p\u00eacheurs aux mains gerc\u00e9es, la for\u00eat, un brin de chamanisme, un tatoueur \u00e0 une seule main, une cordonni\u00e8re mairesse, une factrice en sidecar, une sorci\u00e8re lumineuse, un bal sous un ciel rouge, l&rsquo;oc\u00e9an, une vengeance et un amour fou, ou plut\u00f4t\u2026 des amours folles. Ce roman est nourri d&rsquo;images, de musiques, de films, de romans bien s\u00fbr, et d&rsquo;essais. La plupart sont cit\u00e9s \u00e0 la fin du livre.C\u00f4t\u00e9 images, des photos de Kihnu et de l&rsquo;Islande pour imaginer un pays, d&rsquo;autres d&rsquo;Agnieszka Sosnowska pour Albaan, Lilijann, un portrait de femme tatou\u00e9e sign\u00e9e Fran\u00e7ois Roca\u2026 tant d&rsquo;images nourrissent ce roman que j&rsquo;en ai fait des moodboards, l&rsquo;un en rouge, l&rsquo;autre en bleu. \u272a Pour plonger dans l&rsquo;ambiance de la presqu&rsquo;\u00eele de Iurf\u00f6ll, la playlist d&rsquo;Albaan. Pour \u00e9crire ce roman il a fallu\u2026 la d\u00e9licatesse et la finesse de Maya Michalon, une \u00e9ditrice fabuleuse, la confiance de l&rsquo;\u00e9cole des loisirs, la patience de mes libraires, Fran\u00e7ois et Audrey, de la librairie Jonas, qui m&rsquo;ont fait d\u00e9couvrir de tr\u00e8s bons romans sur la for\u00eat et les pays du grand froid, l&rsquo;\u00e9coute de Benoit et des ami\u00b7es que j&rsquo;ai abreuv\u00e9\u00b7es de mes interrogations, de mes doutes, les lumi\u00e8res dor\u00e9es, le soir, en lisi\u00e8re d&rsquo;une for\u00eat du bout du monde\u2026 La bande son d\u2019Albaan Un peu de lecture\u2026 La revue de presse En cliquant ici\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6174,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-6179","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6179","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6179"}],"version-history":[{"count":65,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6179\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6471,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6179\/revisions\/6471"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6179"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}