{"id":1622,"date":"2014-07-07T14:18:36","date_gmt":"2014-07-07T13:18:36","guid":{"rendered":"http:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=1622"},"modified":"2024-07-25T15:23:00","modified_gmt":"2024-07-25T14:23:00","slug":"ad-ole-scence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=1622","title":{"rendered":"Ad-ole-scence"},"content":{"rendered":"<h4><a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/adolesco\"><span style=\"color: #808000;\">\u00c9tymologie<\/span><\/a><\/h4>\n<p><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">Verbe compos\u00e9 de <\/span><strong style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">ad<\/strong><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">&#8211; [ \u00e0, vers, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de, jusqu&rsquo;\u00e0 ], <\/span><strong style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">alo<\/strong><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\"> [ \u00e9lever ] et &#8211;<\/span><strong style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">sc<\/strong><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">-, [\u00a0br\u00fbler ], il s\u2019agit de la m\u00e9taphore des flammes ou de la fum\u00e9e qui montent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">Verbe (\u0103d\u014flesco, infinitif : \u0103d\u014flesc\u0115re, parfait : \u0103d\u014fl\u0113vi, supin : \u0103dultum)<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">\u2014 Grandir, pousser, se d\u00e9velopper.<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #808000; font-style: italic; line-height: 1.5;\">\u2014 Se transformer en vapeur, br\u00fbler, \u00eatre allum\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(<a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/adolesco\">source :\u00a0<em style=\"color: #808000;\">Wiktionary<\/em><\/a>)<\/p>\n<address>\n<hr \/>\n<\/address>\n<p>L&rsquo;adolescence\u2026 Un temps flou dont on r\u00e9duit trop souvent les protagonistes d&rsquo;un coup de ciseau langagier, <em>les ados<\/em>. Ce temps entre deux \u00e2ges est une question laiss\u00e9e ouverte. Cet \u00e2ge n&rsquo;est pas si vieux : il n&rsquo;y a gu\u00e8re plus d&rsquo;un si\u00e8cle, aux champs, \u00e0 l&rsquo;usine, dans des maisons bourgeoises, les enfants travaillaient d\u00e8s\u00a0huit, douze ans. L&rsquo;enfance d\u00e9bouchait sur le monde du travail et des adultes sans aucune passerelle. Souvent, un rite d&rsquo;initiation faisait office d&rsquo;unique clef dans ce plongeon en eaux troubles. Et des enfants naissaient \u00e0 leur tour de ces enfants grandis d&rsquo;un coup.<br \/>\nLes lois sur le travail des enfants ont fait na\u00eetre cet entre-deux qui est devenu un \u00e2ge \u00e0 part enti\u00e8re. C&rsquo;est le th\u00e8me\u00a0d&rsquo;un documentaire bas\u00e9 sur un livre de Jon Savage, \u00e9crivain et chroniqueur de musique punk et rock, un film diffus\u00e9 en ce d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9\u00a0sur Arte :<\/p>\n<h2><em>Nous, les ados !<\/em><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1756 size-full\" src=\"http:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/nouslesados.jpg\" alt=\"Nous les ados ! photo.\" width=\"940\" height=\"530\" srcset=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/nouslesados.jpg 940w, https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/nouslesados-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle aux ann\u00e9es 50, des portraits s&rsquo;encha\u00eenent pour montrer\u00a0cette adolescence balbutiante. Un montage d&rsquo;archives \u00e9tonnant, avec\u00a0la musique comme\u00a0fil rouge qui relie adolescents europ\u00e9ens et am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Le documentaire se termine\u00a0par l&rsquo;image de l&rsquo;Am\u00e9rique d\u00e9barrassant l&rsquo;Europe de ses armes pour les remplacer par le Coca-Cola. Les adolescents qui n&rsquo;existaient pas au d\u00e9but du film sont devenus une extraordinaire\u00a0cible commerciale. Sans cesse instrumentalis\u00e9s, ils ne semblent pouvoir exister qu&rsquo;\u00e0 travers les musiques qu&rsquo;ils tendent comme un miroir grima\u00e7ant\u00a0aux adultes qui ne les comprennent pas. Des adultes qui\u00a0en ont peur et n&rsquo;ont qu&rsquo;un seul but : les faire rentrer dans le rang, les coincer dans le moule, les fa\u00e7onner \u00e0 leur image.<\/p>\n<p>Plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s, rien n&rsquo;a vraiment chang\u00e9. Les adolescents vivent\u00a0au c\u0153ur d&rsquo;une\u00a0explosion hormonale. Ils sont \u00e9nergie pure, \u00e9nergie physique\u00a0et\u00a0cr\u00e9atrice, pulsions, d\u00e9bordements. Ils ont tant \u00e0 inventer, \u00e0 imaginer, \u00e0 d\u00e9truire aussi.<\/p>\n<p>Les adolescents font toujours peur. Peu\u00a0\u00e9cout\u00e9s ou entendus, ils\u00a0n&rsquo;ont pas de place dans la Cit\u00e9, au sens politique du terme.\u00a0Les\u00a0adultes ont-ils si\u00a0peur de leur propre adolescence, de ces d\u00e9sirs, de ces pulsions qu&rsquo;ils ont travers\u00e9s avant de les ensevelir\u00a0? Craint-on les r\u00eaves auxquels on a renonc\u00e9 ?<\/p>\n<p>Pourtant, si on laissait de la place aux adolescents, \u00e0 l&rsquo;adolescence, dans cette fantastique\u00a0\u00e9nergie, dans cette <em>flamme qui monte<\/em>, la soci\u00e9t\u00e9 pourrait sans doute trouver de quoi alimenter un\u00a0futur plus ouvert, moins mortif\u00e8re que celui\u00a0construit par Coca-Cola\u2026<\/p>\n<p>Enfin, laisser parler\u00a0Rimbaud, l&rsquo;Adolescent \u00e9ternel :<\/p>\n<blockquote><p>J&rsquo;ai embrass\u00e9 l&rsquo;aube d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<br \/>\nRien ne bougeait encore au front des palais. L&rsquo;eau \u00e9tait morte. Les camps d&rsquo;ombres ne quittaient pas la route du bois. J&rsquo;ai march\u00e9, r\u00e9veillant les haleines vives et ti\u00e8des, et les pierreries regard\u00e8rent, et les ailes se lev\u00e8rent sans bruit. \u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(Arthur Rimbaud\u00a0\u00b7\u00a0<em>Aube<\/em>, \u201cIlluminations\u201d)<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9tymologie Verbe compos\u00e9 de ad&#8211; [ \u00e0, vers, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de, jusqu&rsquo;\u00e0 ], alo [ \u00e9lever ] et &#8211;sc-, [\u00a0br\u00fbler ], il s\u2019agit de la m\u00e9taphore des flammes ou de la fum\u00e9e qui montent. Verbe (\u0103d\u014flesco, infinitif : \u0103d\u014flesc\u0115re, parfait : \u0103d\u014fl\u0113vi, supin : \u0103dultum) \u2014 Grandir, pousser, se d\u00e9velopper. \u2014 Se transformer en vapeur, br\u00fbler, \u00eatre allum\u00e9. (source :\u00a0Wiktionary) L&rsquo;adolescence\u2026 Un temps flou dont on r\u00e9duit trop souvent les protagonistes d&rsquo;un coup de ciseau langagier, les ados. Ce temps entre deux \u00e2ges est une question laiss\u00e9e ouverte. Cet \u00e2ge n&rsquo;est pas si vieux : il n&rsquo;y a gu\u00e8re plus d&rsquo;un si\u00e8cle, aux champs, \u00e0 l&rsquo;usine, dans des maisons bourgeoises, les enfants travaillaient d\u00e8s\u00a0huit, douze ans. L&rsquo;enfance d\u00e9bouchait sur le monde du travail et des adultes sans aucune passerelle. Souvent, un rite d&rsquo;initiation faisait office d&rsquo;unique clef dans ce plongeon en eaux troubles. Et des enfants naissaient \u00e0 leur tour de ces enfants grandis d&rsquo;un coup. Les lois sur le travail des enfants ont fait na\u00eetre cet entre-deux qui est devenu un \u00e2ge \u00e0 part enti\u00e8re. C&rsquo;est le th\u00e8me\u00a0d&rsquo;un documentaire bas\u00e9 sur un livre de Jon Savage, \u00e9crivain et chroniqueur de musique punk et rock, un film diffus\u00e9 en ce d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9\u00a0sur Arte : Nous, les ados ! Du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle aux ann\u00e9es 50, des portraits s&rsquo;encha\u00eenent pour montrer\u00a0cette adolescence balbutiante. Un montage d&rsquo;archives \u00e9tonnant, avec\u00a0la musique comme\u00a0fil rouge qui relie adolescents europ\u00e9ens et am\u00e9ricains. Le documentaire se termine\u00a0par l&rsquo;image de l&rsquo;Am\u00e9rique d\u00e9barrassant l&rsquo;Europe de ses armes pour les remplacer par le Coca-Cola. Les adolescents qui n&rsquo;existaient pas au d\u00e9but du film sont devenus une extraordinaire\u00a0cible commerciale. Sans cesse instrumentalis\u00e9s, ils ne semblent pouvoir exister qu&rsquo;\u00e0 travers les musiques qu&rsquo;ils tendent comme un miroir grima\u00e7ant\u00a0aux adultes qui ne les comprennent pas. Des adultes qui\u00a0en ont peur et n&rsquo;ont qu&rsquo;un seul but : les faire rentrer dans le rang, les coincer dans le moule, les fa\u00e7onner \u00e0 leur image. Plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s, rien n&rsquo;a vraiment chang\u00e9. Les adolescents vivent\u00a0au c\u0153ur d&rsquo;une\u00a0explosion hormonale. Ils sont \u00e9nergie pure, \u00e9nergie physique\u00a0et\u00a0cr\u00e9atrice, pulsions, d\u00e9bordements. Ils ont tant \u00e0 inventer, \u00e0 imaginer, \u00e0 d\u00e9truire aussi. Les adolescents font toujours peur. Peu\u00a0\u00e9cout\u00e9s ou entendus, ils\u00a0n&rsquo;ont pas de place dans la Cit\u00e9, au sens politique du terme.\u00a0Les\u00a0adultes ont-ils si\u00a0peur de leur propre adolescence, de ces d\u00e9sirs, de ces pulsions qu&rsquo;ils ont travers\u00e9s avant de les ensevelir\u00a0? Craint-on les r\u00eaves auxquels on a renonc\u00e9 ? Pourtant, si on laissait de la place aux adolescents, \u00e0 l&rsquo;adolescence, dans cette fantastique\u00a0\u00e9nergie, dans cette flamme qui monte, la soci\u00e9t\u00e9 pourrait sans doute trouver de quoi alimenter un\u00a0futur plus ouvert, moins mortif\u00e8re que celui\u00a0construit par Coca-Cola\u2026 Enfin, laisser parler\u00a0Rimbaud, l&rsquo;Adolescent \u00e9ternel : J&rsquo;ai embrass\u00e9 l&rsquo;aube d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Rien ne bougeait encore au front des palais. L&rsquo;eau \u00e9tait morte. Les camps d&rsquo;ombres ne quittaient pas la route du bois. J&rsquo;ai march\u00e9, r\u00e9veillant les haleines vives et ti\u00e8des, et les pierreries regard\u00e8rent, et les ailes se lev\u00e8rent sans bruit. \u2026 (Arthur Rimbaud\u00a0\u00b7\u00a0Aube, \u201cIlluminations\u201d)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[56,10],"class_list":["post-1622","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-coulisses","tag-pensee","tag-video"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1622","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1622"}],"version-history":[{"count":45,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1622\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7979,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1622\/revisions\/7979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1622"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1622"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1622"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}