{"id":5804,"date":"2019-03-29T20:13:32","date_gmt":"2019-03-29T19:13:32","guid":{"rendered":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=5804"},"modified":"2019-03-30T12:31:16","modified_gmt":"2019-03-30T11:31:16","slug":"merci-agnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=5804","title":{"rendered":"Merci, Agn\u00e8s"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Midi et demi, sortie du m\u00e9tro Quinet<\/h4>\n\n\n\n<p>J&rsquo;attends C\u00e9cile, une autre C\u00e9cile, une au sourire grand comme un soleil. On a rendez-vous pour d\u00e9jeuner. Le printemps balaie Paris d&rsquo;une lumi\u00e8re presque trop pure. Sur un scooter, un couple passe, s\u00e9par\u00e9 par un cadre \u00e0 quatre carr\u00e9s, image de cin\u00e9. La nouvelle s&rsquo;affiche sur l&rsquo;\u00e9cran de mon t\u00e9l\u00e9phone : d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;Agn\u00e8s Varda.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, on s&rsquo;y attendait, mais la nouvelle r\u00e9sonne comme une impossibilit\u00e9. Les rues de Paris ne seront plus jamais tout \u00e0 fait les m\u00eames : Agn\u00e8s-Cl\u00e9o ne les arpentera plus. Lunettes noires pour cacher mon regard embu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/cecileroumiguiere.com\/wp\/?p=5298\">Agn\u00e8s<\/a> m&rsquo;accompagne depuis mes ann\u00e9es de fac. Elle m&rsquo;a tenu la main (sans le savoir), j&rsquo;ai grandi avec elle. J&rsquo;ai construit mon m\u00e9moire de ma\u00eetrise autour de ses photos du TNP, elle est un mod\u00e8le joyeux et malicieux, une grande s\u0153ur <a href=\"https:\/\/blog.mondediplo.net\/2008-12-22-Portrait-d-Agnes-Varda-en-sorciere\">sorci\u00e8re<\/a> dans un monde d&rsquo;hommes empes\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Rue Daguerre, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner<\/h4>\n\n\n\n<p>Assis par terre, un vieil homme joue du saxophone. <a href=\"http:\/\/www.cinematheque.fr\/article\/1353.html?fbclid=IwAR0h-UbaXAQoJ-98KDOGk1wRH6l4k1WXjDJZwX9vV0eKxPDUxep0KJFrT_Y\">Le bazar est toujours l\u00e0,<\/a> les commerces de bouche aussi. Rien n&rsquo;a chang\u00e9, et pourtant. <\/p>\n\n\n\n<p>Je marche, un jasmin \u00e0 la main. J&rsquo;aurais voulu des immortelles, elles auraient eu le parfum des plages de S\u00e8te, mais <em>ce n&rsquo;est pas la saison<\/em> a dit la fleuriste. La rue est longue. On y avance comme dans un travelling. Un peu comme dans le bureau de <a href=\"https:\/\/www.cine-tamaris.fr\">Cin\u00e9-Tamaris<\/a> qui a des airs de long couloir. Un jour, j&rsquo;y ai vu Agn\u00e8s, Madame Varda, s&rsquo;avancer vers moi, sourire aux l\u00e8vres. Instant arr\u00eat\u00e9. Je lui portais <em>Lily<\/em>, un roman \u00e9crit en hommage \u00e0 <em>Cl\u00e9o de cinq \u00e0 sept<\/em> et aux films de Jacques Demy. En \u00e9change, elle m&rsquo;a donn\u00e9 trois noix.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Une porte rose et des patates<\/h4>\n\n\n\n<p>Au 88 de la rue Daguerre, la large porte rose. Des fleurs, des patates c\u0153urs et des gens. Des hommes, des femmes, et le silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Agn\u00e8s, vous me manquez d\u00e9j\u00e0\u2026 Merci pour tout.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align-center><iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/TgsOW69JmvA\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Midi et demi, sortie du m\u00e9tro Quinet J&rsquo;attends C\u00e9cile, une autre C\u00e9cile, une au sourire grand comme un soleil. On a rendez-vous pour d\u00e9jeuner. Le printemps balaie Paris d&rsquo;une lumi\u00e8re presque trop pure. Sur un scooter, un couple passe, s\u00e9par\u00e9 par un cadre \u00e0 quatre carr\u00e9s, image de cin\u00e9. La nouvelle s&rsquo;affiche sur l&rsquo;\u00e9cran de mon t\u00e9l\u00e9phone : d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;Agn\u00e8s Varda. Bien s\u00fbr, on s&rsquo;y attendait, mais la nouvelle r\u00e9sonne comme une impossibilit\u00e9. Les rues de Paris ne seront plus jamais tout \u00e0 fait les m\u00eames : Agn\u00e8s-Cl\u00e9o ne les arpentera plus. Lunettes noires pour cacher mon regard embu\u00e9. Agn\u00e8s m&rsquo;accompagne depuis mes ann\u00e9es de fac. Elle m&rsquo;a tenu la main (sans le savoir), j&rsquo;ai grandi avec elle. J&rsquo;ai construit mon m\u00e9moire de ma\u00eetrise autour de ses photos du TNP, elle est un mod\u00e8le joyeux et malicieux, une grande s\u0153ur sorci\u00e8re dans un monde d&rsquo;hommes empes\u00e9s. Rue Daguerre, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner Assis par terre, un vieil homme joue du saxophone. Le bazar est toujours l\u00e0, les commerces de bouche aussi. Rien n&rsquo;a chang\u00e9, et pourtant. Je marche, un jasmin \u00e0 la main. J&rsquo;aurais voulu des immortelles, elles auraient eu le parfum des plages de S\u00e8te, mais ce n&rsquo;est pas la saison a dit la fleuriste. La rue est longue. On y avance comme dans un travelling. Un peu comme dans le bureau de Cin\u00e9-Tamaris qui a des airs de long couloir. Un jour, j&rsquo;y ai vu Agn\u00e8s, Madame Varda, s&rsquo;avancer vers moi, sourire aux l\u00e8vres. Instant arr\u00eat\u00e9. Je lui portais Lily, un roman \u00e9crit en hommage \u00e0 Cl\u00e9o de cinq \u00e0 sept et aux films de Jacques Demy. En \u00e9change, elle m&rsquo;a donn\u00e9 trois noix. Une porte rose et des patates Au 88 de la rue Daguerre, la large porte rose. Des fleurs, des patates c\u0153urs et des gens. Des hommes, des femmes, et le silence. 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