Sous le grand choka

Illustré par Cécile Gambini · Postface texte et photos de Muriel Enrico · À pas de loups janvier 2022

Les chemins de Mafate

En octobre 2014, grâce à Muriel Enrico et l’équipe du salon du livre de l’Océan indien, je découvrais… Mafate !

Au XVIIIe siècle, ce cirque naturel recouvert d’une forêt de plantes plus étonnantes les unes que les autres, a servi de refuge aux esclaves en fuite. Aujourd’hui, il est une terre protégée, un espace loin de tout. Aucune route n’y mène ; pour y accéder, il n’y a que nos pieds, des chemins abrupts et quelques hélicoptères.

La puissance d’un lieu

Tout est puissant à Mafate : la nature, l’histoire de ce lieu, le regard de ceux qui y habitent, les parfums, la clarté des sons, les lumières. De ce choc émotionnel est né ce livre : il fallait que je parle de cet endroit et des enfants que j’avais rencontrés. Je suis heureuse de le partager aujourd’hui avec Cécile Gambini. Elle aussi était aussi du voyage à la Réunion, et son univers, sa poésie, donnent un reflet unique à cet endroit paradisiaque.

Nous le partageons aussi avec Muriel Enrico et ses photos, Muriel, notre “fée marraine” es Mafate.

Et nous l’avons confié à Laurence Nobécourt, notre fidèle éditrice des éditions À pas de loups.

Une rencontre

Ill. Cécile Gambini

Faëzia est une enfant de Mafate. Son père tient un gîte où la famille reçoit des touristes. Quand Mia, une enfant de son âge, s’installe pour quelques jours, Faëzia la regarde, étonnée, jouer avec sa poupée de plastique. Elle, elle préfère s’inventer des histoires avec la poupée de liane que lui a fabriqué son grand-père.

Une rivalité s’installe entre les deux enfants, bientôt dépassée par leur curiosité du monde de l’autre.

Faëzia, Mia, deux poupées, deux cultures pour une rencontre au cœur de l’enfance.

Le soleil disparaît derrière la montagne…
Vite ! Il faut se dépêcher.
Sa poupée à la main, Faëzia avance en sautant d’un pied sur l’autre, elle chante :
— L’homme de l’espace fait danser les filles, la première fait tchi-tchi-tchi, la deuxième fait tcha-tcha-tcha…