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Ami, entends-tu ?

Les paroles de la haine ont envahi les rues. Elles sont là, partout. Rire est devenu compliqué. Quoi de plus sinistre que ce chacun son camp ? Qu’on se sente indien ou cowboy, on est surtout dindon d’une farce qui ne dit pas — encore — son nom. Sans un salutaire sursaut, le réveil sera douloureux. Et la vie amère.

Les paroles de la haine ont envahi les rues. Au-dessus de nos routes, des portiques maquillés couleur écologie veillent et surveillent nos allers, nos venues. On ne sait jamais, qu’on ait envie, tout à coup, de prendre la clef des champs, la poudre d’escampette.

Les paroles de la haine… et à l’intérieur même de nos maisons, l’internet, fenêtre ouverte sur le monde, formidable outil aux deux visages. Et clic un j’aime et clac un achat et pof un commentaire ici ou là. Mes clics, mes cartes bancaires, appels téléphoniques et autres mails dessinent de moi un portrait. Je ne suis plus moi, je suis désormais ce portrait offert à qui voudra. À qui paiera. Liberticide librement consenti.

Vue du soir par la fenêtre du TGV.
Un œil dans le soir

Tout est déjà là, bien en place. Attisées par des médias irresponsables, les paroles de la haine masquent la mise en place d’une sinistre société un peu vite remisée aux accessoires du passé. Big brother is watching you.

Non, on ne pourra pas dire “je ne savais pas”.

Sursaut. Se réveiller du cauchemar. Sortir du silence. Plus nombreux, crier plus fort que les paroles de la haine, les faire taire, qu’elles ne servent pas d’alibi à la pose d’une chape de plomb sur nos libertés. Un sursaut vital pour que le vert de gris ne mange pas le monde.