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    Agnès Varda

    Au-delà de mes “femmes de mars”, Agnès Varda est de ces grandes sœurs qui éclairent notre route. Un regard indispensable. Je l’ai connue photographe. J’écrivais mon mémoire de maîtrise, “Jean Vilar et l’éclairage” nourri de ses photos de scène. Je me souviens très bien de celle de Maria Casarès en Lady Macbeth tenant un chandelier dans la pénombre. Des années plus tard, je lui ai écrit pour lui demander son autorisation, je voulais mettre mon mémoire à disposition sur internet, sans ses photos, mon mémoire ne voulait rien dire. Elle m’a répondu, longtemps après, sans vraiment me dire oui. Je n’ai pas osé insister, je n’ai jamais publié ce mémoire.…

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    George Sand

    “Femmes de mars”, les lectures d’enfance. La mare au Diable et La petite Fadette. François le Champi, qui, j’en étais sûre, s’appelait François parce que mon frère s’appelait François. Je ne me suis jamais demandé pourquoi la romancière avait un prénom d’homme. Le côté “première femme de lettres à vivre de sa plume” est venu plus tard. Comme ses amours avec Liszt et Chopin, quand je massacrais des nocturnes au piano. Je découvre qu’elle faisait office de docteure à Nohant quand l’argent manquait, qu’elle avait appris l’anatomie et l’usage des plantes. Qu’elle a refusé qu’on lui propose la Légion d’honneur. Aujourd’hui, je garde d’elle la liberté d’être femme comme on l’entend, les…

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    Niki de Saint Phalle

    “Femme de mars” du jour. Ah les Nanas… et ces tirs sur des toiles de plâtre blanc qui explosent de couleurs ! J’imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi, la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations. Le corps de la femme, sa représentation, la femme en souffrance, la femme entravée par la société. La femme en toute liberté. Liberté et majesté. Pourquoi pas le Nana Power ? Le temps est venu d’une nouvelle société matriarcale. Niki de Saint Phalle n’a été longtemps pour moi qu’un parfum au très beau flacon et une fontaine en mouvement…

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    Marguerite Duras

    “Femmes de mars”, suite. Je ne sais pas les choses avant de les écrire… Marguerite Duras, l’unique. Une voix que je n’ai d’abord pas entendue. Première année de fac, Le ravissement de Lol V. Stein me laisse désemparée. Je sens qu’il y a quelque chose dans ce livre, quelque chose qui m’échappe. Dix ans après, je le relis. Et lis Un barrage contre le Pacifique, puis Le Vice-Consul. La voix m’a atteinte, enfin. Ne me quitte plus depuis. Je pose des mots beaucoup de fois, d’abord des mots… Je relis Marguerite Duras par cycles, comme un mantra. Elle seule a cette façon de faire parler faux des personnages pour dire…